Arrivée : Sebastián Pizarro Erazo

Sebastián Pizarro Erazo est recruté en tant que chercheur postdoctoral au Centre Emile Durkheim, dans le cadre du projet de recherche COMPAC, porté côté CED par Marina Honta et Thibault Bossy.

Chercheur postdoctoral


Je suis né au Chili. En 2012, j’arrive en France pour suivre un Bachelor à Sciences Po, au campus de Poitiers, puis, j’enchaîne avec un Master en sciences économiques à Paris 1.

Plus tard, en 2022, je soutiens une thèse de sociologie au Conservatoire National des Arts et Métiers. Celle-ci a eu pour vocation d’étudier le régime de reproduction de la société française contemporaine, à savoir la manière dont l’État-providence organise les pratiques de prise en charge des activités dites reproductives ou, pour le dire autrement, participant à l’entretien et au maintien de la vie humaine (ménagères, alimentaires, vestimentaires, parentales, du care, etc.). Dans le cadre de cette recherche, j’ai interrogé plus particulièrement ses orientations vers le faire-faire, c’est-à-dire le fait d'encourager les familles à déléguer/externaliser la réalisation de leurs tâches quotidiennes par le biais de mesures publiques variées. En s’appuyant sur une enquête de terrain menée auprès de familles (mères et/ou pères avec enfants à charge) en Île-de-France, l’objectif de cette investigation a été de saisir dans quelle mesure les politiques développées à leur intention, en favorisant leur capacité à faire appel à des services extérieurs (femmes de ménage, gardes à domicile, assistantes maternelles, etc.) pour se faire accompagner dans la prise en charge du travail familial, parviennent (ou pas), d’une part, à rendre plus soutenables leurs responsabilités domestiques et du care, et, d’autre part, à simplifier l’articulation de leurs temps de vie (notamment professionnels et privés). Ainsi, ce travail de thèse a montré que ce sont avant tout les familles de classes moyennes et supérieures qui se saisissent des encouragements au faire-faire, souvent au prix d’une lourde charge administrative, logistique et relationnelle qui est, par ailleurs, assurée par les mères principalement.

Outre cette recherche, j’ai eu la possibilité de m’investir dans d’autres enquêtes, qui ont été ménées dans le cadre de collectifs scientifiques. Celles-ci ont porté sur des thématiques au carrefour de la prise en charge du care, de la vie privée, des politiques familiales et des temps sociaux, dont, par exemple, l’expérience des familles pendant le premier confinement en France ou aussi le passage de la vie active à la retraite parmi les jeunes retraité·e·s francilien·ne·s. 

Recruté dans le cadre du projet de recherche COMPAC, j’interviendrai au sein du WP1 "La fabrique des politiques publiques nationales de l’autonomie". De manière générale, j’aurai donc à étudier la mise en forme des politiques de l’autonomie et je m’interesserai, à ce titre, aux catégories de l’action publique et aux paradigmes au cœur de leur définition. Or, s’agissant d’une recherche comparative, qui porte sur un échantillon de pays relevant de régimes d’États-providence différents (corporatistes, libéraux, sociaux-démocrates et familialistes), l’étude de la construction de ces politiques sera ménée tout en tenant compte de l’influence des traditions providentielles dans lesquelles elles s’inscrivent. À cet effet, j’aurai d’abord à élaborer un état de l’art des travaux comparatifs et internationaux sur les politiques de l’autonomie. Je m’en saisirai pour analyser, par la suite, des données démographiques, socioéconomiques et juridiques que j’aurai à recueillir pour les pays à étudier, l’intérêt étant ainsi de construire des typologies de systèmes nationaux de prise en charge de la perte d’autonomie. À partir d’une étude s’intéressant aux catégories et aux registres structurant les politiques publiques en la matière, cette typologie tentera de rendre lisibles les référentiels et les logiques au cœur de leurs mises en forme respectives. Enfin, je participerai également au travail d’enquête qui sera méné auprès des acteurs nationaux et locaux pertinents du point de vue des politiques de l’autonomie. Le recueil de données aura comme objectifs, d’un côté, de mettre à l’épreuve du terrain la typologie construite au préalable, et, de l’autre, de saisir les enjeux de la mise en forme des politiques de l’autonomie à partir des pratiques et des représentations des acteurs enquêtés.

En dehors de la recherche, une grande partie de mon temps est rabattu sur la vie amicale et en couple, l’activité sportive, notamment le jogging sur les bords de Marne, et la lecture de bouquins sociologiques mais également de romans (je suis d’ailleurs très preneur de recommandations de romans sociaux de la part des collègues!). Aussi, comme cela est souvent le cas après un travail de thèse, je reste attaché à mon objet de recherche et essaie donc de contribuer à la prise en charge des activités dont nous avons besoin pour vivre et fonctionner au quotidien, telles que la cuisine sucrée, que je ne manquerai pas de faire goûter au CED dès que j’en aurai l’occasion !



Publiée le 16 octobre 2024

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