Sariyeva Botagoz rejoint le Centre Émile Durkheim en tant que doctorante en science politique.
Sa thèse s'intitule : The Central Asian Directions of the Republic of Tajikistan’s Foreign Policy: Bilateral and Multilateral Cooperation Mediums
Elle est co-dirigée par Caroline Dufy (Professeure des Universités en Sociologie et Directrice du Centre Emile Durkheim, Sciences Po Bordeaux) et Duman Zhekenov (Professeur associé, Faculté des relations internationales, Université nationale Kazakh Al-Farabi)

Sariyeva Botagoz
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Quel est votre parcours ? Qu’avez-vous fait avant de vous lancer dans la recherche ?
J'ai obtenu une licence et un master en relations internationales à l'Université nationale du Kazakhstan. Pendant mon master, j’ai réalisé un échange à l'université La Sapienza de Rome (Rome, Italie).
J'ai également suivi des formations et des perfectionnements dans le cadre de programmes internationaux et d'universités d'été en Europe (France, Roumanie, Suisse) et en Chine, notamment des programmes Erasmus+ et des cours spécialisés dans le domaine des études internationales et interculturelles.
J’ai une expérience professionnelle dans les relations internationales et la coopération universitaire internationale. Mon parcours a débuté dans le domaine de la diplomatie pratique et de la coopération internationale dans le système de l'enseignement supérieur, où j'ai travaillé pendant plus de dix ans au département de la coopération internationale de l'université nationale kazakhe Al-Farabi.
Avant de me lancer dans une carrière scientifique active, je me suis consacrée à des tâches analytiques, organisationnelles et de négociation : j'ai préparé des documents analytiques et informatifs sur les questions de coopération internationale dans les domaines des sciences et de l'éducation, j'ai participé à l'élaboration et à la mise en œuvre d'accords internationaux, j'ai collaboré avec des universités étrangères, des organisations internationales, des missions diplomatiques et des fondations. Une grande partie de mon activité professionnelle consistait à organiser des conférences internationales, des forums scientifiques et des échanges universitaires.
Pouvez-vous nous parler du sujet de votre thèse ? Nous en dire quelques mots ?
Titre de la thèse : The Central Asian Directions of the Republic of Tajikistan’s Foreign Policy: Bilateral and Multilateral Cooperation Mediums
La politique étrangère de la République du Tadjikistan reste un sujet peu étudié mais crucial dans les relations internationales, les études post-soviétiques et l'analyse régionale de l'Asie centrale. En tant qu'État enclavé, aux ressources limitées et économiquement dépendant, le Tadjikistan illustre les dilemmes stratégiques qui se posent dans des environnements régionaux complexes et concurrentiels.
Situé au carrefour des intérêts russes, chinois, occidentaux et de ses voisins régionaux, le Tadjikistan doit constamment trouver un équilibre entre les questions de souveraineté, les impératifs de développement et les défis en matière de sécurité. Cette thèse de doctorat cherche à combler cette lacune en examinant la politique étrangère du Tadjikistan en Asie centrale à travers le prisme des moyens de coopération stratégique, en mettant particulièrement l'accent sur la diplomatie énergétique et hydrique. Parmi ceux-ci, je me concentre sur la centrale hydroélectrique de Rogun (HPP). Bien au-delà d'un projet d'infrastructure, Rogun représente un instrument stratégique de politique étrangère, mobilisé par le Tadjikistan pour renforcer sa souveraineté nationale, négocier les relations de pouvoir régionales et s'engager dans des cadres de gouvernance multilatéraux.
Lancé pendant la période soviétique, suspendu après l'indépendance et la guerre civile, puis relancé dans les années 2000 avec la participation de la communauté internationale, le projet Rogun cristallise plusieurs dimensions de la politique étrangère : négociations bilatérales avec les États voisins (notamment l'Ouzbékistan et l'Afghanistan), engagement auprès des institutions financières internationales (Banque mondiale et organisations internationales), gouvernance environnementale et construction de l'identité nationale.
Propos recueillis le 5 février 2026
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