Elisabeth Godefroy

doctorante en science politique

Je suis doctorante en science politique au Centre Émile Durkheim et à Sciences Po Bordeaux, où je prépare ma thèse dans le cadre du projet ANR "Gilets jaunes : approches pluridisciplinaires des mobilisations et politisations populaires". Je suis également co-représentante des doctorant·es et co-organisatrice de l'axe PEPS.

J'ai fait des études à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne. D'abord, une double licence en histoire et en science politique. Après avoir envisagé un master en histoire médiévale puis avoir été découragée par les cours obligatoires d'ancien français, je me suis orientée vers un master en science politique, parcours sociologie des institutions et du politique, dont j'ai été diplômée en 2020. J'ai eu la chance d'être recrutée en 2021 comme doctorante dans l'ANR "Gilets jaunes", dirigée par Magali Della Sudda, qui est aussi ma directrice de thèse. Parisienne de naissance, j'ai donc franchi le périphérique pour m'installer à Bordeaux et intégrer le laboratoire. 

En arrivant à l’université, j’imaginais, non sans enthousiasme, tout·es les chercheur·ses comme des intellectuel·les engagé·es. Avec le temps, j’ai appris à distinguer un manuel de sociologie politique d’un pamphlet idéologique. Lors de mes premiers TD de techniques d'enquête, j'ai pris goût à la recherche de terrain. Je me souviens d'une première enquête sur les militant·es de Sens commun, sorte de lobby né de la Manif' pour tous, dans la campagne de François Fillon aux primaires de la droite de 2016. En arrivant en master, j'envisageais de consacrer mon mémoire aux député·es "novices" de La République en marche, à partir d'un terrain à l'Assemblée nationale - un projet que j'ai brutalement abandonné lorsqu'en décembre 2018, j'ai participé à quelques "actes" des Gilets jaunes à Paris. Rapidement, je me suis laissée happer par le mouvement et j'ai écrit un dossier de recherche de master 1 sur les femmes qui y participaient. L'année suivante, j'ai soutenu un mémoire sur le leadership dans cette mobilisation a priori "sans chefs". L'ANR "Gilets jaunes" m'a ensuite donné l'opportunité de continuer à étudier ce mouvement, qui cinq ans après me passionne toujours. S’il faut donner une quelconque cohérence à ce parcours, je pense avoir toujours eu un intérêt pour le militantisme et l’engagement, qui sont aujourd’hui au cœur de mes recherches.

Ma thèse s'intègre à l'axe de recherche sur la politisation par et dans le mouvement des Gilets jaunes du projet ANR. Alors qu'un certain nombre de collègues s'intéressent plutôt aux "novices" de l'action collective qui ont participé au mouvement, ma thèse porte spécifiquement sur les militant·es "expérimenté·es" qui l'on rejoint. Comme les Gilets jaunes ont attiré des activistes de tout bord, l'objectif préalable est de situer ce mouvement au sein de l'espace des mouvements sociaux. Ensuite, je me demande à quelles conditions et de quelles manières les Gilets jaunes avec un profil « militant » s’investissent durablement (ou non) dans cette mobilisation. En effet, les Gilets jaunes étaient a priori hostiles à toute forme de « récupération » - un terme disqualifiant dont il est nécessaire d’éclairer les différentes modalités, mais insuffisant pour décrire à lui seul le rapport de l’ensemble des activistes que j’étudie à la mobilisation. Pour ce faire, je continue à travailler sur le cas de la mobilisation parisienne, principalement sur les "actes" (manifestations hebdomadaires du samedi). Cela m'a amené à conduire une centaine d'entretiens avec des Gilets jaunes qui viennent de traditions militantes et d’horizons idéologiques très divers, du néofasciste au cégétiste en passant par le partisan de la démocratie directe. En parallèle, je constitue un corpus d'écrits militants sur le mouvement (communiqués, presse, tribunes, etc), que je collecte principalement en ligne. 

En dehors de la recherche, j’apprends sur la politique de manière non académique, en lisant des romans par exemple ou en regardant des films. Je passe aussi souvent le temps en faisant le marché et la cuisine pour mes ami·es ; en accumulant fringues et bibelots inutiles trouvés en brocante (ma collection de goodies du bicentenaire de la Révolution française commence à prendre de l’ampleur) ou en ronronnant avec mon chat Gigi.  


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Publié le 31 janvier 2024
Dernière modification le 31 janvier 2024