
Antoine Durance
Doctorant en science politique
Antoine Durance est doctorant en science politique ; il débute une thèse intitulée : La désobéissance civile en procès : usages protestaires du droit et traitement judiciaire de la désobéissance civile écologiste en France, sous la direction de Cécile Vigour et Manuel Cervera-Marzal.
Pouvez-vous présenter en quelques mots ?
Je commence une thèse en science politique sur les procès de militant·es écologistes en France. Dirigée par Cécile Vigour et Manuel Cervera-Marzal (université de Liège), celle-ci s’intitule La désobéissance civile en procès : usages protestaires du droit et traitement judiciaire de la désobéissance civile écologiste en France.
Quel est votre parcours ? Qu’avez-vous fait avant de vous lancer dans la recherche ?
Après mon bac, j’ai intégré Sciences Po Bordeaux où j’ai fait toutes mes études. En 2022, j’ai rejoint le master Risques et Développement aux Suds de l’IEP. Particulièrement intéressé par les thématiques abordées sur le développement, la colonisation, les études urbaines ou encore les politiques culturelles, j’y ai également développé un goût pour la recherche grâce à l’option recherche proposée dans ce master.
Après un premier mémoire de M1 sur le mouvement pro-démocratie thaïlandais, j’ai ensuite réalisé un mémoire de M2 sur la désobéissance civile au sein de la campagne écologiste française Dernière Rénovation et de groupes mobilisés pour une réforme de la monarchie en Thaïlande. Sur la base d’enquêtes ethnographiques à Bordeaux et à Bangkok, j’ai analysé l’engagement politique et le recours à des méthodes d’action illégales dans ces deux contextes ainsi que les stratégies développées par les militant·es et leurs avocat·es dans le cadre des multiples procès auxquels iels font face à la suite de leurs actions.
Pouvez-vous nous parler du sujet de votre thèse ? Nous en dire quelques mots ?
Observant une récente multiplication des poursuites pénales engagées à l’encontre de militant.e.s et participant.e.s à des mobilisations écologistes, j’ai choisi dans cette thèse d’étudier ces engagements par le prisme de la justice et des procès. Les profils et stratégies des prévenu.e.s sont diverses. Si certain.e.s revendiquent explicitement le recours à la désobéissance civile et voient dans ces procès une opportunité pour faire reconnaître la légitimité de ces méthodes d’action illégales par la justice, d’autres sont plus méfiant·es vis-à-vis du comportement des magistrat·es à leur égard. Célébrant de récentes relaxes ou dénonçant des arrestations et condamnations, ces collectifs et militant·es soulignent toutefois tous·tes la place importante de ces poursuites pénales dans ces mobilisations.
Ce sujet évoque plusieurs enjeux : perceptions des citoyens vis-à-vis de la justice et ses acteurs, judiciarisation des mouvements sociaux, rôle et engagement des professionnels du droit dans ces mobilisations (cause lawyering), stratégies développées par les collectifs devant la justice ou encore conséquences de ces poursuites sur les mouvements et les militant·es.
Pour les questionner, je m’intéresse en particulier à trois objets de recherches.
Je souhaite tout d’abord questionner le rapport des militant·es à la justice et aux potentielles poursuites pénales auxquelles elleux peuvent faire face, et analyser, lorsque des poursuites sont engagées, la manière dont celleux-ci préparent ces procès avec leurs collectifs, avocat·es et potentiels témoins. Je m’intéresse ensuite au moment du procès. Pour comprendre le traitement judiciaire de ces mobilisations, j’étudie les différentes interactions et plaidoiries des acteur·ices impliqué·es lors des procès. Je m’intéresse enfin aux magistrat·es et souhaite étudier la perceptions qu'elleux ont de ces procès, de leur rôle dans ces évènements ainsi que de ces mobilisations et de la désobéissance civile.
Propos recueillis le 9 septembre 2024
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