De l’approche « hotspot » au pacte sur la migration et l’asile : quel renouveau de la politique migratoire européenne ? 

Après trois années de négociations ardues, le Conseil de l’Union européenne a définitivement adopté le Pacte sur la migration et l’asile le 14 mai 2024. Ce vote n’a toutefois ni clos les débats ni apaisé les controverses suscitées par ce pacte et les textes législatifs qui le composent, notamment autour de l’introduction généralisée d’une nouvelle procédure de filtrage accéléré des personnes migrantes aux frontières extérieures de l’Union européenne. Présentée comme le signe d’un renouveau de la politique migratoire européenne, cette procédure est censée permettre de concilier renforcement des contrôles aux frontières, solidarité entre États membres et respect des droits des personnes migrantes. Cette communication soutient toutefois qu’elle pérennise avant tout l’approche dite « hotspot », élaborée par la Commission européenne dès 2015. Pourtant, initialement présentée comme une réponse humanitaire innovante visant à garantir une protection effective des demandeurs d’asile tout en soutenant les États membres dits « de première ligne » confrontés à une forte pression migratoire, l’approche « hotspot » avait rapidement fait l’objet de critiques portant sur son inefficacité et sur les nombreuses atteintes aux droits fondamentaux qui en ont résulté. Cette communication propose ainsi de retracer la généalogie de cette approche, depuis sa conception par la Commission européenne dans un contexte d’urgence, articulant logique humanitaire de protection des demandeurs d’asile et logique sécuritaire centrée sur la préservation de l’espace Schengen, jusqu’à sa pérennisation dans le Pacte adopté en 2024.

Agathe Piquet est maîtresse de conférences en science politique à l’université de Bordeaux (Institut de Recherche Montesquieu). Après une thèse soutenue à l’université Paris Panthéon-Assas, elle a été postdoctorante à la Queen Mary University of London, puis chargée de recherche du Fond de la recherche scientifique (FNRS) et lauréate d’une bourse postdoctorale Marie Curie à l’UCLouvain Saint-Louis Bruxelles. Ses recherches sont au croisement de la sociologie de l’action publique, des études de sécurité et des études européennes. Ses travaux actuels s’intéressent en particulier aux transformations des organisations et des activités des services de police judiciaire en matière de lutte contres les atteintes à l’environnement dans une démarche comparative. 


accès à distance via Zoom, lien sur demande à a.amicelle@sciencespobordeaux.fr


Début : 05 mars 2026 à 14:00
Fin : 05 mars 2026 à 16:00
site Sciences Po Bordeaux, salle Monnet et Zoom

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