Le sensible en partage : enjeux de la production et de la reconnaissance des savoirs

Le prochain séminaire général aura le plaisir d'accueillir Agnès Villechaise et Jessica Brandler-Weinreb. Elles viendront présenter le film documentaire Hybridations : Recherche et spectacle vivant réalisé par Christophe Leroy, issu de la journée Les sciences sociales en mouvement(s), organisée le 5 juin 2025 à la MÉCA par l'atelier C’est pas très académique ! du Centre Émile Durkheim. Ce film explore les alliances fécondes entre arts vivants et sciences sociales. La séance sera structurée en trois temps : une présentation du film par les intervenantes, la projection du documentaire, puis un temps d'échange privilégié avec la salle.

Portées sur l’Humain, son environnement, son fonctionnement et ses transformations, les sciences sociales interrogent pourtant peu ce qui habite les personnes que sont les chercheur·ses. De la même manière, la quête de légitimité face aux sciences dites « dures » (assimilées à des sciences « solides »), conditionne le regard que les chercheur·ses portent sur les enquêté·es, en privilégiant l’analyse de ce qui peut être quantifié, mesuré, et délaissant - voire niant - une dimension constitutive de l’expérience : le ressenti (des situations, des espaces, des âges et des autres appartenances sociales qui façonnent nos vies, en partie). Pourtant, cette hiérarchisation historique entre objectivité et subjectivité s’érige au détriment d’une analyse complexe du monde social. En partant d’expérimentations entre arts vivants et sciences sociales, dans ce film, artistes et chercheur·ses racontent comment ces collaborations enrichissent leurs approches des réalités étudiées, bousculent le rapport à soi et interrogent les manières de se lier (ou non) à l’Autre, dans leurs recherches et au-delà.

Invitées :

Agnès Villechaise et Jessica Brandler

Agnès Villechaise est maîtresse de conférences en sociologie à l’Université de Bordeaux et membre du Centre Emile Durkheim. En lien avec sa pratique de l’enquête sur des terrains touchés par la vulnérabilité sociale, elle s’attache à diffuser les sciences sociales comme ressources émancipatrices, en expérimentant des démarches de recherche-création (et de médiation scientifique soutenue par la démarche artistique (deux créations dramaturgiques, une lecture publique et une co-production de documentaire). En 2020, elle a co-fondé avec Maylis Ferry l’atelier C’est pas très académique ! au sein du Centre Émile Durkheim, qui facilite la rencontre entre chercheur·ses et artistes et l’exploration des écritures non académiques. Elle est membre du collectif interdisciplinaire de femmes chercheuses Virginia’s sisters initié par l'économiste Vanessa Oltra-Michel, qui explore la dimension du sensible dans la production scientifique. Elle participe actuellement au projet de recherche-création participative Le Cabaret des idées avec la compagnie bordelaise L’atelier de Mécanique générale contemporaine, qui vise à associer chercheur·es, artistes et habitant·es dans une collecte de données empiriques sur les façons dont se fabriquent les opinions, et à restituer les résultats sous forme de créations scéniques partagées.

Jessica Brandler-Weinreb est docteure en sociologie, chercheuse associée au Centre Émile Durkheim (CNRS, Sciences Po Bordeaux, Université de Bordeaux) et sociologue indépendante. Des barrios vénézuéliens aux quartiers populaires de la métropole bordelaise, elle étudie l’action publique « aller-retour », du côté des organisations et du côté des habitant·es. Ses recherches s’intéressent à la citoyenneté des « exclu·es » des espaces de pouvoir et de participation, notamment par le prisme du genre et de la jeunesse. Elle mobilise des méthodes visuelles et créatives avec les enquêté·es, pour s’intéresser au sens et au sentiment politique des classes populaires, à tous les âges de la vie. Attachée à la contribution de la recherche au débat public et citoyen, elle est autrice de diverses publications, dont les ouvrages « Enfants, sujets politiques » (2025) paru aux éditions Du Croquant et « Quartiers confinés. Vécus, Ressources, Territoires » (2022) paru aux éditions Le Bord de l’Eau. Elle a aussi participé à la création d’un théâtre-forum avec des collégien·nes et la Cité's Compagnie Voix dans la Cité. Le corona vu et vécu par les enfants. Membre de plusieurs réseaux de recherche dont AnthropoVilles et le CIREC (Centre de Recherche-Création sur les mondes sociaux), elle est aussi co-responsable de l’atelier C’est pas très académique ! du Centre Émile Durkheim.

Le 5 juin 2025 a eu lieu à la MÉCA de Bordeaux la journée Les sciences sociales en mouvement(s) initiée par l'Atelier C'est pas très académique ! du Centre Émile Durkheim. Née de collaborations entre artistes du spectacle vivant et chercheur·ses pour faire autrement de la recherche et la mettre en partage, la manifestation vient interroger les coulisses et les enjeux de ces expérimentations. En alternant témoignages et extraits de création (danse, théâtre, slam), le film documentaire réalisé autour de cette journée par Christophe Leroy interroge ces alliances entre arts vivants et sciences sociales. A partir du « sensible » éprouvé par les différentes parties prenantes de la recherche-création, paroles réflexives et corps en mouvement invitent au décloisonnement disciplinaire dans nos manières de faire recherche et de construire les liens science-société.


Début : 28 mai 2026 à 14:00
Fin : 28 mai 2026 à 16:00
site Sciences Po Bordeaux, amphi Aliénor d'Aquitaine, ouvert à toustes

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