
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je m'appelle Mathis d'Aquino, je commence une thèse en science politique sous la direction d'Antoine Roger et de Barbara Fouquet-Chauprade. Je travaille sur le développement de l'enseignement supérieur privé en France.
Quel est votre parcours ? Qu’avez-vous fait avant de vous lancer dans la recherche ?
J'ai fait mes études à Sciences Po Bordeaux, au sein du cursus général. J'ai effectué ma mobilité à la Faculté de droit de Bordeaux, car j'avais en tête lors du début de mes études les concours administratifs. Rapidement, j'ai davantage été intéressé par les approches sociologiques du droit et décidé de m'orienter dans le Master science politique et sociologie comparatives pour envisager un parcours dans la recherche et l'enseignement en sciences sociales. J'ai enseigné les sciences économiques et sociales en lycée l'année dernière, expérience qui m'a conforté dans mon souhait de poursuivre dans l'enseignement et être directement au contact d'une de mes populations d'enquête : les lycéens dans leur phase d'orientation.
Pouvez-vous nous parler du sujet de votre thèse ?
Ma thèse porte sur le développement de l’enseignement supérieur privé en France et, plus précisément, sur la manière dont ce développement s’est progressivement imposé dans le paysage de l’enseignement supérieur sans faire l’objet, dans un premier temps, d’une véritable construction comme problème public.
Je cherche à comprendre comment l’action publique a accompagné, encadré, mais aussi parfois contribué à cette transformation. Je m’intéresse notamment aux instruments publics, aux dispositifs de financement, aux réformes de l’enseignement supérieur et de l’apprentissage, ainsi qu’aux représentations et aux catégories d’action publique qui ont permis de penser le développement de l’offre privée.
L’objectif est donc de ne pas partir de l’idée que l’essor du privé serait simplement le résultat d’un désengagement de l’État ou d’une demande spontanée par les étudiants, mais d’analyser les mécanismes institutionnels et les dynamiques d’acteurs qui ont rendu cette évolution possible. Je m’intéresse également à la manière dont les établissements privés se sont approprié certaines ressources, normes et instruments initialement construits par les pouvoirs publics.
Propos recueillis le 21 septembre 2026
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