Arrivée : Emma Le Duc

Emma Le Duc débute une thèse de philosophie dirigée par Céline Jouin intitulée : Penser le patriarcat sous le prisme de l’hégémonie : dialectique de la coercition et du consentement des femmes.

Enseignante de philosophie dans le secondaire depuis 5 ans, je travaille à Bernay et habite à Caen où je donne également des vacations à l'Université de Caen Normandie. J'y suis membre du Séminaire Pratiques et Pensées de l'Emancipation qui a pour objectif d'inviter un public non universitaire à investir l'espace de l'Université à travers des séances mélant toujours savoir militant et savoir académique. 

Cette thèse a pour objectif d’examiner la possibilité de l’application du concept d’hégémonie au patriarcat, et de déterminer dans quelle mesure un concept d’hégémonie patriarcale permettrait d'éclairer à nouveaux frais les rapports de domination patriarcaux. Propre à la philosophie politique, ce concept doit pouvoir mettre en lumière les structures de domination des hommes sur les femmes, et nous permettre de comprendre comment les hommes dominent, mais surtout comment les femmes en arrivent à consentir à la soumission. L’hégémonie appliquée au patriarcat doit nous permettre de mieux comprendre la subtilité des rapports collectifs qui structurent notre société, mais aussi d’engager des réflexions quant à la manière dont ces rapports ont évolué et peuvent évoluer à l’avenir. En effet, là où l’idéologie tend à rendre compte d’une vision du monde figée et essentialisante, l’hégémonie montre la mouvance des dynamiques de domination sociale, notamment en montrant comment le groupe dominant intègre en son propre sein les luttes adverses afin de se renforcer. L’hégémonie amène donc à mieuxcomprendre comment le patriarcat se voit certes affaibli et déstabilisé par la pensée et les actions féministes, mais aussi paradoxalement se renforce à partir de ces contestations en les assimilant, renouvelant d’anciennes formes de soumission féminines sous un nouveau vernis, permettant un continuum de la domination et de la soumission, et cela malgré la lutte féministe, et sans avoir à s’y opposer frontalement, par un rapport de force, par une coercition violente. 


Publiée le 28 octobre 2026

Partager