Arrivée : Marion Dalençon

Marion Dalençon débute une thèse en sociologie intitulée : Les dispositifs peuvent-il impacter durablement les pratiques ? Les enjeux de l’offre en alimentation durable sur les pratiques de consommation des jeunes adultes sous la direction d'Olivier Cousin, dans le cadre du projet de recherche ANR ACT.

Je m’appelle Marion Dalençon, je suis doctorante en sociologie au Centre Emile Durkheim. J’ai commencé ma thèse en juillet sous la direction d’Olivier Cousin et grâce à un financement de l’ANR ACT de l’Institut des Transitions à l’Université de Bordeaux.

J’ai suivi un cursus en sociologie dans le cadre de ma formation initiale, du deug à la maitrise, mais je n’ai pas saisi la proposition d’intégrer le DEA en suivant (resté comme un caillou dans la chaussure !). J’estimais alors que l’approche des enjeux sociaux et sociétaux que m’avait offert la sociologie avait tout son intérêt dans l’exercice du travail social. Et ce n’était pas complétement faux ! J’ai ensuite travaillé durant 17 ans en tant qu’éducatrice spécialisée dans le champ du handicap psychique et mental en milieu ouvert. Expérience riche, dense mais aussi assez éprouvante. Alors en 2023 j’ai fait le choix de reprendre mes études où je les avais laissées (le fameux caillou dans la chaussure avait fait son œuvre) pour assouvir un besoin de me nourrir intellectuellement. Alors oui, ce n’est pas simple d’accorder vie de famille à la campagne et organisation des études, mais quel plaisir et quel luxe de pouvoir reprendre le chemin de l’université ! Pris dans cet élan, j’ai choisi de poursuivre en thèse !

Ma thèse s’intitule Les dispositifs peuvent-il impacter durablement les pratiques ? Les enjeux de l’offre en alimentation durable sur les pratiques de consommation des jeunes adultes. Elle aborde les enjeux de l’offre en alimentation durable sur les pratiques de consommation des jeunes adultes. La réflexion prend appui sur un paradoxe : les jeunes adultes de 18 à 25 ans sont les plus sensibilisés aux problématiques environnementales mais restent pourtant ceux dont les comportements de consommation s’éloignent le plus des pratiques durables. Cette recherche vise à identifier les conditions favorables à l’adoption d’une alimentation durable pour les jeunes adultes dont les étudiants. Elle sort du schéma reposant sur la responsabilité individuelle en termes de transition des modes de vie, pour adopter une lecture politique des environnements : quand on peut, alors on veut !

Ainsi l'enjeu de la thèse est d'interroger les liens entre sensibilité aux enjeux de la transition écologique et pratiques des acteurs : pour adopter des pratiques durables, faut-il être préalablement sensibilisé aux enjeux de la transition écologique ; ou bien, l'adoption de pratiques durables, via une offre institutionnalisée, permet-elle d'encourager des changements de pratiques et de sensibilités à l'égard des enjeux écologiques ? Il s'agit donc d'évaluer les effets du travail des institutions sur les comportements des acteurs.

L’enquête porte sur l’offre alimentaire en matière de consommation durable : les actions mises en place via l’université et le monde associatif sur la métropole bordelaise, du point de vue de l’accessibilité et de la justice alimentaire. L’enquête prévoit d’analyser le travail de ces dispositifs et leurs usages par les acteurs. L'analyse en matière d'engagement alimentaire sera conduite du point de vue des inégalités sociales et du genre.


propos recueillis le 5 novembre 2026


Publiée le 5 novembre 2026

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