Maëlle Noir rejoint le Centre Émile Durkheim en tant qu'ingénieure de recherche / postdoctorante dans le cadre du projet EMMELO (European Men, Masculinities and Extremist Leadership in Europe) encadré par Sandrine Rui.

Maëlle Noir
Ingénieure de recherche / Postdoctorante
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je suis Maëlle Noir, juriste spécialisée en droits humains et études de genre de formation. Diplômée de l’Université de Galway, en Irlande, où j’ai passé près de huit ans comme étudiante puis chercheuse, j’apprécie particulièrement le travail collectif et collabore régulièrement avec des équipes pluridisciplinaires dans le cadre de consortiums internationaux.
Quel est votre parcours, d’où venez-vous ?
Bretonne d’origine, j’ai grandi à Bordeaux où j’ai débuté des études de droit-langue (anglais) à l’Université de Bordeaux. J’ai ensuite eu l’opportunité d’effectuer ma troisième année de licence en Erasmus à l’Université de Galway, en Irlande, où je suis restée jusqu’à récemment. J’y ai obtenu en 2019 un LLM (master) en droit international des droits humains, avec une spécialisation en genre et droits des réfugié·es.
J’ai soutenu ma thèse en 2023, portant sur l’usage d’une approche féministe du droit par les avocat·es pour lutter contre les violences faites aux femmes réfugiées en Ouganda. J’ai ensuite poursuivi mes recherches dans le cadre d’un postdoctorat au sein du projet européen BRRIDGE, consacré à la démocratie avec une spécialisation autour des mouvements anti-genre en Europe, tout en me formant au montage de projets européens.
Dans le cadre de mon doctorat et de mon postdoctorat, j’ai eu l’opportunité de coordonner plusieurs unités d’enseignement dont Gender and Human Rights, International Human Rights Law, quality, Diversity and Collective Action, Advanced legal methods and Research dans le cadre de cours magistraux proposés à des étudiants de licence et de master.
Je viens de débuter un second postdoctorat dans le cadre du projet EMMELO.
Vous venez d’arriver en tant que chercheuse postdoctorale / ingénieure de recherche sur le projet de recherche EMMELO. Pouvez-vous nous en dire plus sur vos missions ?
Je fais partie de l’équipe française du projet EMMELO (European Men, Masculinities and Extremist Leadership in Europe) encadrée par Sandrine Rui. Ce projet Horizon Europe étudie la manière dont les leaders extrémistes en ligne élaborent, diffusent et rendent attractifs des discours sur la masculinité, ainsi que l’influence de ces récits sur la perception qu’ont les hommes européens de la démocratie, des droits et des valeurs de l’Union européenne. Dans ce cadre, je mène à la fois une recherche bibliographique et une enquête empirique pendant plus de deux ans, auprès d'acteur.ices impliqué.es dans la lutte contre le masculinisme, ainsi que des hommes sensibles à ces discours. J’analyse également des données issues du scraping de contenus numériques produits par ces leaders extrémistes.
Le projet EMMELO comporte aussi une forte dimension d’action publique, avec le développement du T.A.L.K. toolkit, un outil visant à renforcer les compétences des personnes engagées dans la lutte contre les extrémismes et la promotion de la démocratie, en travaillant sur la déconstruction des récits dominants et violents de la masculinité.
Parallèlement, et en collaboration avec le LACES, je coordonne à Bordeaux l’équipe du réseau thématique ENLIGHT récemment créé, IDenti-T (Interdisciplinary Dialogue on evolving identities in times of democratic Transformations), qui s’intéresse aux liens entre instrumentalisation de la notion d’identité et crises démocratiques et qui va faciliter la valorisation des travaux d’EMMELO.
Et en dehors de la recherche, qu’est-ce qui vous passionne ou vous ressource au quotidien ?
En parallèle de mes activités de recherche, je suis également engagée dans le militantisme féministe au sein d’un collectif national de lutte contre les violences de genre. Dans ce cadre, je contribue à l’organisation de mobilisations d’ampleur nationale contre les violences faites aux femmes, minorités de genre et enfants, à la production de données, notamment sur les féminicides en France, ainsi qu’à la médiatisation de ces enjeux auprès du grand public et des décideur·euses politiques.
Propos recueillis le 3 décembre 2025
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