Devoir réduire ses déchets : un effort environnemental et une économie morale au coeur de l’écologie ordinaire. La réception d’une politique locale zéro déchet en Gironde

Par Maxence Mautray, doctorant en sociologie

Thèse dirigée par Olivier Chadoin, professeur des universités, chercheur au laboratoire PAVE (ENSAP Bordeaux) et au Centre Émile Durkheim (Université de Bordeaux)

Jury composé de : 

Mme DELDRÈVE Valérie, Directrice de recherche, ETTIS, INRAE Bordeaux, Examinatrice. 
Mme CORTEEL Delphine, Professeure des universités, CITERES, Université de Tours, Rapporteure.
M. BARBIER Rémi, Professeur des universités, GESTE, ENGEES Strasbourg, Rapporteur.
Mme JEANJEAN Agnès, Professeure des universités, LAPCOS, Université Côte d’Azur, Examinatrice. 
M.MONSAINGEON Baptiste, Chargé de recherche, LISIS, CNRS, Examinateur.
M. CHADOIN Olivier, Professeure des universités, PAVE, ENSAP Bordeaux, Directeur de thèse. 

Résumé court de la thèse : 

Cette thèse étudie la réception d’une politique locale « zéro déchet » menée depuis 2019 par le SMICVAL, service public de gestion des déchets ménagers dans un territoire rural et périurbain de Gironde. À partir d’une enquête de trois ans en immersion, combinant entretiens, observations, questionnaire, documents institutionnels et presse locale, elle analyse la manière dont cette politique transforme la vie quotidienne des habitants. La recherche montre que la réduction des déchets ne relève pas seulement de gestes individuels ou de motivations écologiques, mais suppose un effort matériel, temporel et organisationnel, dont le coût varie selon les conditions de vie, les ressources disponibles et les contraintes domestiques. Cet effort, difficile à mesurer directement, est évalué à partir de repères visibles comme le volume des poubelles, ma fréquence des dépôts, le compostage ou le réemploi, qui nourrissent des comparaisons sociales et des jugements sur les manières légitimes de participer à la transition écologique. Cette mise à contribution devient plus directement politique lorsqu’elle touche à la forme même du service public, notamment avec le passage de la collecte en porte-à-porte à l’apport volontaire. L’effort demandé devient alors plus visible, plus contraignant et plus facilement imputable à une décision institutionnelle. La réforme suscite ainsi des controverses portant sur sa cohérence, sa légitimité et la répartition des contraintes. À travers le cas des déchets, cette thèse montre comment une politique environnementale entre dans la vie ordinaire, produit des normes et des comparaisons sociales, puis déplace les frontières du juste et de l’injuste au quotidien.


Début : 07 juillet 2026 à 14:00
Fin : 07 juillet 2026 à 18:00
Site Victoire, amphithéâtre E (bâtiment E) et en visioconférence,

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