
Invité : Anthony Amicelle

Maître de conférences en science politique à Sciences Po Bordeaux et professeur associé à l’Université de Montréal. Chercheur au Centre Emile Durkheim et chercheur associé au Centre de recherche et d’études en politique internationale (REPI) de l’Université Libre de Bruxelles.
La politique mondiale contre le blanchiment d’argent vise officiellement à lutter contre tous les illégalismes lucratifs, et ce quels que soient la position et le degré de respectabilité sociales de ceux qui les pratiquent. Hormis la figure emblématique du trafiquant de drogue et des « mafias », il y a par exemple celle du voleur plus ou moins organisé, de l’escroc à la petite semaine, de l’arnaqueur de haut vol, du spécialiste en cryptoactifs, du policier corrompu, de la multinationale corruptrice, de la banque complice, de l’artiste, du sportif et du responsable politique fraudeurs fiscaux, etc. En d’autres termes, l’anti-blanchiment couvre ainsi des illégalismes d’acteurs et de groupes dominés et dominants, des plus faibles aux plus puissants. Au regard des normes internationales et de leurs transpositions nationales en droit pénal, le capital financier tiré de n’importe quel crime est donc susceptible d’être surveillé et ses blanchisseurs punis. Est-ce le cas ? A partir d’une recherche au long cours aux Etats-Unis et au Canada, cette présentation propose de répondre à cette question et, par là même, de contribuer empiriquement et théoriquement à l’état des connaissances sur l’action publique internationale et les enjeux de policing contemporains.
Discussion et animation du Séminaire : Benjamin Lemoine

Benjamin Lemoine est chercheur au CNRS en sociologie politique. Médaillé de bronze du CNRS (2018), il a enquêté sur la financiarisation des États à travers le cas de la dette publique et des transactions auxquelles celle-ci donne lieu. Son travail actuel porte sur la façon dont la souveraineté est recomposée par les pratiques contemporaines du droit et de la finance globalisée. Il étudie notamment les controverses relatives à l'architecture juridique de la finance internationale et au droit des faillites souveraines. Il analyse la force des investisseurs privés comme les problèmes posés par l'exécution des décision de justice à l'encontre des puissances étatiques.