Arrivée : Camille Monmège-Geneste

Camille Monmège débute une thèse de sociologie dirigée par Françoise Liot intitulée : La médiation culturelle à l'épreuve des droits culturels et des droits de l'enfant : recompositions esthétiques, redéfinitions professionnelles et reconfigurations politiques

Je m'appelle Camille Monmège-Geneste, je suis doctorante en sociologie au Centre Émile Durkheim, sous la direction de Françoise Liot. Je mène cette thèse en parallèle de mon activité professionnelle : je dirige le labo des cultures, une structure que j'ai fondée en 2019, conçue autour de la volonté de faciliter les interactions entre les arts et les personnes, de renouveler les approches classiques et les supports traditionnels de la médiation et d’expérimenter de nouvelles pratiques. J'enseigne aussi en école supérieure et à l’université (à Bordeaux et Perpignan notamment). C'est donc une position un peu particulière, celle de praticienne-chercheuse.

Je viens à la fois du théâtre (par la pratique artistique et les études : une Licence en Arts du Spectacle) et de l’animation (comme animatrice en maison de quartier, centre sociaux, centre de loisirs…). J’ai au fil de mes expériences croisé ces deux dimensions en découvrant et en me formant à la médiation culturelle. Après un Master en Ingénierie de Projets Culturels et Interculturels, j'ai travaillé dans une maison d’écrivain, pour des festivals jeune public, à la direction de la culture de Pessac, puis pendant six ans au Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine, où j'étais chargée des relations avec les publics. Enfin, j’ai fondé il y a sept ans le labo des cultures.

Le passage à la recherche ne s'est pas fait par rupture. Il s'est plutôt imposé progressivement. J’y songeais déjà à la sortie de mon mémoire il y a quinze ans. Le fait d’intervenir en tant que professionnelle associée à des filières d’enseignement supérieur m’a permis d’entretenir une veille scientifique, de ne jamais cesser les allers-retours entre théorie et pratique. La création du labo des cultures m’a permis d’investir pleinement des recherches-actions, de collaborer avec des chercheurs, de témoigner et d’écrire sur ma pratique. Début 2026, j’ai voulu donner un cadre plus grand à ces engagements en me lançant plus intensément dans la recherche à travers le démarrage d’une thèse sur les sujets qui m’animent depuis toutes ces années.

Elle s'intitule (provisoirement) La médiation culturelle à l'épreuve des droits culturels et des droits de l'enfant : recompositions esthétiques, redéfinitions professionnelles et reconfigurations politiques. La question de départ est simple : que modifient ces deux références (les droits culturels et les droits de l'enfant) dans les pratiques de médiation culturelle aujourd'hui ? Mon hypothèse est qu'elles viennent mettre en tension et transformer trois dimensions de la médiation culturelle : esthétique, en déplaçant la frontière entre « l'œuvre » et les « dispositifs de médiation » ; professionnelle, en redéfinissant le métier de médiateur (postures, pratiques, ...) ; et politique, en faisant de l'enfant non plus un public mais un sujet acteur de la vie culturelle.



Publiée le 16 septembre 2026

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