Bio
Mes recherches sont centrées sur le rapport que les individus entretiennent avec le système politique en démocratie, à partir des cas français, anglais et belge (francophone). Elles ont pour caractéristique d’articuler analyse empirique et théorie politique, avec un soin particulier apporté aux réflexions de méthodes de construction et d’analyse de données. Formée au CEVIPOF, à Sciences Po, j’ai passé plusieurs années à l’étranger, à Florence et Berlin pendant ma thèse, puis à Oxford où j’ai séjourné plus de 6 ans. Je suis particulièrement sensibilisée aux spécificités des sciences sociales françaises rapportées aux questions et méthodes qui nourrissent le débat international et je m’efforce de les faire dialoguer afin de tirer avantage des unes et des autres. Le décalage est net pour tout ce qui touche aux questions relatives aux identifications politiques et notamment celle sur laquelle je travaille actuellement, l’identification à la nation.
Pendant 20 ans, j’ai surtout contribué au champ des études européennes. Tout d’abord avec A.-P. Frognier puis dans le cadre d’une recherche comparative (France, Belgique francophone et Angleterre) sur les réactions à l’intégration européenne que j’ai coordonnée. Publié en 2013 chez Palgrave, notre livre montre comment la focalisation politique sur l’euroscepticisme masque l’indifférence des citoyens de ces pays à l’Union Européenne – et ce, y compris en Grande-Bretagne – ainsi que l’ampleur des transformations des identifications nationales produites par la globalisation et leur conséquences délétères sur le fonctionnement des démocraties européennes.
En France, après avoir longtemps collaboré avec F. Haegel sur la politisation et contribué avec elle à introduire dans nos disciplines la pratique de l’entretien collectif, j’ai animé un projet de recherche sur la réanalyse des enquêtes qualitatives. Là encore, je me suis inspirée d’une évolution à l’œuvre en Grande-Bretagne et aux États-Unis, à savoir l’analyse secondaire des enquêtes qualitatives en sciences sociales, pour la revisiter en tirant parti des qualités théoriques et critiques de la sociologie politique française.
Depuis mon dernier séjour à Oxford (année 2017-2018), je travaille à remettre sur le chantier la notion de nationalisme banal, proposée par Michael Billig (1995). Après avoir coordonné la traduction du livre de M.Billig (parue aux Presses de Louvain en 2019), j’ai entrepris de construire un projet de recherche sur la transmission du sentiment d’appartenance à la nation, le projet ETPAF.
Thèmes de recherche
- nationalisme
- méthodes de recherche
- identités politiques
- citoyenneté
Axe(s) de recherche
Atelier(s)
Atelier méthodesProjet(s) de recherche
Recherche en cours
Mes recherches portent aujourd’hui principalement sur la transmission du nationalisme en famille (projet ETPAF) mais je continue d’intervenir sur les questions liées à l’archivage et le partage des enquêtes qualitatives.
Responsabilités scientifiques et institutionnelles
- Directrice du Centre Emile Durkheim
- Coéditrice - avec Viviane Le Hay, Xabier Itcaina et Fouad El Haddad - du Bulletin de méthodologie sociologie Bulletin de Méthodologie Sociologique (Bulletin of Sociological Methodology, BMS)
- Membre élue du Conseil scientifique et du Conseil d’administration de Sciences Po Bordeaux
Encadrement doctoral
- Heba Amin, "Les valeurs Sacrées des croyants musulmans à l’épreuve des valeurs laïques et républicaines de la France" - première inscription nov.2020. Codirection Nadia Marzouki (CERI, CNRS-Sciences po Paris).
- Roger Nicolas Oyono, "Processus de légitimation des élites gouvernementales au Cameroun: essai d'une perspective sociohistorique des motions de soutien au Président de la république (1990-2020)" - première inscription oct.2020. Codirection Emmanuelle Bouilly (CERAPS, Université de Lille)
- Morgane Jouaret, " Mémoires conflictuelles et gestion du passé après la guerre civile en Algérie (1992-2002) " - première inscription nov.2017. Codirection Laetitia Bucaille (INALCO)
- Lola Le Flanchec, "Que font les femmes dans les théories du complot ? Analyser l'adhésion et la capacité de recrutement des femmes dans le mouvement QAnon." - première inscription sept.2023.
Enseignement
- Sociologie politique des identités. Cours 4e année, master SPSC.
- Tutorats 5e année master SPSS
Principales publications
S. Duchesne, « La citoyenneté » in Didier Fassin (dir.), La société qui vient, Le Seuil, 2022, p. 878-893.
S. Duchesne, « Introduction à l’édition française : Que reste-t-il du nationalisme banal ? » in M.Billig, Le nationalisme banal, Presses Universitaires de Louvain, 2019, p. 5-27.
S. Duchesne, “Who’s afraid of banal nationalism?”, Nations and Nationalism, 24(4), 2018, 841-856.
S.Duchesne (dir.), « La réanalyse des enquêtes qualitatives à l’épreuve de l’expérimentation. Textes en hommage à Annie-Claude Salomon. Actes du projet Réanalyse », Recherches Qualitatives, Hors-série n°21, Juin 2017.
S. Duchesne, E. Frazer, F.Haegel & V. Van Ingelgom, Citizens’ reactions to European integration: Overlooking Europe, Palgrave Macmillan, 2013.
S. Duchesne ‘Waiting for European identity…: Preliminary thoughts about the identification process with Europe’, in Perspectives on European Society and Politics, vol.9/4, December 2008, 397-410.
S. Duchesne & F.Haegel, “Avoiding or Accepting Conflict in Public Talk”, British Journal of Political Science, vol. 37/1, January 07, 1-22.
S. Duchesne & F.Haegel, L’enquête et ses méthodes : les entretiens collectifs, Nathan, collection 128, juin 2004
S. Duchesne, Citoyenneté à la Française, Paris, Presses de Sciences Po, 1997
S. Duchesne & A.P.Frognier, « Is there a European Identity? », in Public Opinion and Internationalized Governance, O.Niedermayer and R.Sinnott eds., Oxford, Oxford University Press, 1995, p. 193-226 (ed. paperback 1998)
Documents
Actualités de Sophie Duchesne
Evénements internes liés à Sophie Duchesne
Pas d'événement pour le moment