Tristan Velardo

Professeur agrégé et docteur en sciences économiques, Sciences Po Bordeaux Enseignant·es-chercheur·ses Sciences Po Bordeaux
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Bio

Tristan Velardo est diplômé de Sciences Po Lille, agrégé de sciences économiques et sociales et docteur en sciences économiques. Ses recherches portent principalement sur l’histoire de la pensée économique et sur la philosophie économique.

Thèmes de recherche

  • Histoire de la pensée économique
  • Philosophie économique
  • Histoire du concept d'entrepreneur
  • Capitalisme et démocratie
  • Capitalisme et environnement

Axe(s) de recherche

Atelier(s)

AGAPÉ (Atelier Girondin pour l'Analyse des Pensées Économiques),
Économie politique des capitalismes

Recherche en cours

Projet de recherche : 

« Histoire et philosophie économique du concept d’entrepreneur »

La figure de l’entrepreneur innovateur revêt une importance fondamentale dans la compréhension des dynamiques du capitalisme contemporain. Ce projet de recherche se propose de rendre compte, sur le temps long, de l’histoire plurielle et contradictoire du concept d’entrepreneur en économie politique par une double approche méthodologique : en histoire de la pensée économique et en philosophie économique.

En histoire de la pensée économique d’abord, car il s’agit de périodiser les moments de cristallisations et de ruptures dans la filiation des idées scientifiques. Pour ce faire, nous mobilisons une grille de lecture inspirée des travaux de Hélène Vérin ([1982] 2019) qui distingue deux figures de l’entrepreneur : « l’entrepreneur à la Alexandre » : impétueux, hardi, aventureux, figure typique du roman courtois (XIIIe-XVe siècles) ; et « l’entrepreneur à la César » : raisonnable, calculateur, comptable et preneur de risque, que Vérin étudie principalement chez Richard Cantillon. Notre projet de recherche vise dans un premier temps, à étendre la proposition de Vérin aux économistes Français du XVIIIe et début XIXe : N. Baudeau, J.-B. Say, A.R.J. Turgot. Notre contribution originale est de proposer une troisième figure : « l’entrepreneur à la Charles Quint » qui émerge au cours du dernier tiers du XIXe siècle chez les penseurs germanophones (F. von Wieser, W. Sombart, M. Weber, J. Schumpeter). En contradiction avec la représentation « à la César », ces économistes ont développé des conceptions de l’entrepreneur qui, malgré des différences majeures, partagent des points communs : l’entrepreneur est porteur de l’innovation, il est un chef économique, il est caractérisé par rationalité intuitive et impulsive. Sur le plan méthodologique, il s’agit de mobiliser les méthodes de l’histoire de la pensée économique : l’exégèse des textes et la contextualisation des théories afin de reconstruire l’histoire du concept d’entrepreneur sur le temps long à l’aide d’une grille de lecture.

En philosophie économique d’autre part, car le projet porte l’ambition de montrer les implications idéologiques et philosophiques du concept d’entrepreneur. En ce sens, notre travail s’inscrit dans une démarche méthodologie en philosophie économique : l’herméneutique des textes en vue de déconstruire les arrière-plans philosophiques et idéologiques véhiculés par les théories économiques de l’entrepreneur. La dimension critique oriente la recherche dans deux directions qui se focalisent sur la figure « entrepreneur à la Charles Quint » : d’une part, il convient d’étudier la dimension génétique des théories de l’entrepreneur (Santarelli and Pesciarelli 1990; Gislain 1991; 2012; Velardo 2022b) qui justifient les aptitudes entrepreneuriales sur des bases naturalistes voire racialistes ; d’autre part, le projet de recherche enquêtera sur l’entrepreneur comme figure du paternalisme économique. En nous fondant sur une littérature récente étudiant l’invisibilisation des femmes entrepreneures dans l’histoire des idées et dans l’histoire économique (Baijot and Le Chapelain 2022; Heinonen and Vainio-Korhonen 2018; Ijäs 2018), notre projet de recherche consiste à montrer comment la figure de l’entrepreneur telle qu’elle se cristallise dans le dernier tiers du XIXe siècle et au début XXe siècle, procède à un double processus d’invisibilisation des femmes entrepreneures (Bandhauer-Schöffmann 2002) sur les plans théorique et empirique ainsi qu’en construisant un portrait idéologisés portant des valeurs masculinistes (Craig [2016] 2018; Gamber 1998).

 

Working Papers :

La possibilité de l’illimité : Jean-Baptiste Say et la question de la limite

L’intention générale de l’article est de montrer que J.-B. Say pose un cadre conceptuel de l’économie le conduisant à une abolition de la notion de limite. Il est possible de trouver chez Say les prémisses d’un productivisme alternatif au saint-simonisme et qui s’inscrit en faux contre le libéralisme anglo-saxon (Ricardo, Malthus, Mill, Jevons). Contrairement aux auteurs anglo-saxons dont les réflexions sur les limites en économie prennent des formes et des interrogations variées : principe de population, état stationnaire, effet rebond. Say propose une conception de l’économie de marché et de l’accumulation du capital qui assume pleinement d’attribuer à l’accumulation la capacité, non pas de repousser la limite, mais de l’abolir inscrivant par-là l’économie dans la possibilité de l’illimité. Ce faisant, ce papier contribue à une histoire de la pensée économique en lien avec les questions environnementales en proposant une réévaluation du rôle de Say dans la dénaturalisation de l’économie (Schabas 2005) et dans le « présupposé chrématistique » de la discipline (Mardellat 2024), deux phénomènes qui seront achevés par la révolution marginaliste dans le dernier tiers du XIXe siècle. L’appareillage analytique déployé par Say s’apparente ainsi à une justification économique du principe philosophique de chrématistique.

 

L’interprétation économique de l’impérialisme chez Schumpeter : renversement du matérialisme dialectique et légitimation du capitalisme

Cet article propose une reconstruction de la théorie schumpétérienne de l’impérialisme tout en la contextualisant dans la controverse avec les austromarxistes. La proposition théorique de Schumpeter procède à un renversement méthodologique d’une part par la réduction du matérialisme historique à une “hypothèse de travail” et conceptuel d’autre part, en faisant de l’impérialisme un atavisme issu des structures féodales. Ce faisant, il propose un narratif de légitimation du capitalisme comme processus de pacification et de désintégration de l’impérialisme fondé sur des arrière-plans philosophiques naturalistes.

 

 

 

Responsabilités scientifiques et institutionnelles

  • Membre du Conseil d'administration de l'association Charles Gide pour l'étude de la pensée économique
  • Membre du Comité de rédaction de la revue Cahiers d'économie politique
  • Co-fondateur et co-responsable du séminaire AGAPÉ (Atelier Girondin pour l'Analyse des Pensées Économiques)

Enseignement

  • Histoire de la pensée économique (première année)
  • Économie et environnement (deuxième année)

Principales publications

Revues à comité de lecture :

« “Do as I say, not as I do”: Schumpeter on Econometrics, Mathematics and Macrodynamics » (2025), Œconomia, 15-1, 67-97.

« Léon Walras’ Études d’Économie Politique Appliquée Influence on Joseph Schumpeter’s Theory of Bank and Crises » (2025), History of Economic Ideas,XXXIII/1, 65-87.

« Réductionnisme ou mésinterprétation ? Les modèles de croissance néo-schumpétériens face à Schumpeter » (2025), Cahiers d’économie politique, vol. 1, n°87, p. 175-202

« From the Primitive Mentality to the Civilization of Capitalism: Joseph Schumpeter, reader of Lucien Lévy- Bruhl » (2025), The European Journal of the History of Economic Thought, vol 32:2. https://doi.org/10.1080/09672567.2024.2392512

« Capitalism without capitalists. Bankers, capitalists & entrepreneurs in Schumpeter’s theory » (2022), Cahiers d’économie politique, 2022/1 (n° 80), p. 61-89. DOI : 10.3917/cep1.080.0061.

« La Vision et l’Analyse chez Schumpeter : une lecture critique en philosophie économique » (2021), Œconomia [Online], 11-4 | 2021, connection on 09 June 2023.  DOI: https://doi.org/10.4000/oeconomia.11837

« La création chez Schumpeter : entre don et appropriation » (2021) , Revue d’histoire de la pensée économique, vol. 1, n°11, p. 87-117 ; DOI : 10.48611/isbn.978-2-406-11886-2.p.0087

« Schumpeter, Sweezy, the Financial System, and Innovation: Small versus Big Business » (2020), International Review of Entrepreneurship, Vol. 18, Issue 3, p. 447-466 (avec LAMBERT Thomas E.,)

 

Ouvrages :

Schumpeter’s General Theory of Capitalism (2024). Routledge, London.

La problématique de Schumpeter. De la nouveauté à la théorie générale du capitalisme (2022). Gislain Jean-Jacques (préface), Mardellat Patrick (postface), Classiques Garnier, Paris.

Georges Palante. La révolte pessimiste. (2017). Michel Hastings (préface), L’Harmattan, Paris, 2017

 

Comptes rendus d’ouvrage : 

« Pierre-Yves Gomez, Le capitalisme comme ordre politico-économique, Paris, P.U.F., Que sais-je ?, 2022, 128 pages » (2024), Revue d’histoire de la pensée économique, n° 17, 2024 – 1, p. 359-365. DOI : 10.48611/isbn.978-2-406-17116-4.p.0333

« Anthony Galluzzo, Le mythe de l’entrepreneur. Défaire l’imaginaire de la Silicon Valley » (2023),  Œconomia [Online], 13-2 | 2023.  DOI: https://doi.org/10.4000/oeconomia.14691

« Schumpeter, théoricien du capitalisme. Compte-rendu de l’ouvrage Introduction à Joseph Aloïs Schumpeter. Une théorie du capitalisme, par Fabrice Dannequin, Classiques Garnier, 2022 » (2023), Cahiers d’économie politique, 2023/1 (n° 82), p. 243-251. DOI : 10.3917/cep1.082.0243.

 

Revues sans comité de lecture :

« Innovation, entrepreneur et crédit : la dynamique capitaliste chez Schumpeter » (2024), Regards croisés sur l’économie, n°34/1, p. 14-22.

« Innovation et progrès chez Schumpeter » (2021), Petites Pensées, n°4, p. 108-116