
Ninon Nicolas débute une thèse de sociologie dirigée par Eric Macé intitulée : Agir sur le climat : quelle économie morale du risque ? Controverses et gouvernance du Solar Radiation Management (SRM)
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Ninon Nicolas et je débute une thèse en sociologie au Centre Émile-Durkheim, sous la direction d'Éric Macé. Je m’intéresse principalement à la sociologie des sciences et des techniques et à la manière dont les sociétés appréhendent les risques et les incertitudes liés au changement climatique.
Quel est votre parcours ? Qu’avez-vous fait avant de vous lancer dans la recherche ?
J’ai d’abord suivi une double licence en droit public et science politique à Paris, avant de me réorienter vers la sociologie à l’Université de Bordeaux. J’ai ensuite intégré le master Science politique et sociologie comparatives à l'Université de Bordeaux.
Mon mémoire de deuxième année portait sur les controverses scientifiques et politiques autour de la modification du rayonnement solaire (solar radiation management) aussi appelé géo-ingénierie solaire (titre: "Le Solar Radiation Management comme objet de contestations socio-scientifiques : de la construction d’une ambivalence entre humilité et hubris pour maintenir l’autonomie scientifique à l’institution d’une option climatique). En deuxième année, j’ai également effectué un stage au sein du collectif Labos 1point5, où j’ai travaillé sur l’empreinte environnementale des pratiques de recherche en informatique encadré par Aurélie Bugeau (Professeure des universités, Université de Bordeaux et LaBri) et Lou Grimal (Enseignante-Chercheuse, École Nationale Supérieure d'Arts et Métiers, Institut de Chambéry). Mon stage s'est terminé mais je maintiens mon implication dans le projet avec l'équipe GT Coeur du numérique.
Ces expériences et surtout mon intérêt pour mon sujet m’ont amenée à poursuivre en doctorat dans le but d'approfondir les questions qui avaient émergé au cours de mon mémoire.
Pouvez-vous nous parler du sujet de votre thèse ?
Ma thèse porte sur le Solar Radiation Management, ensemble de techniques visant à réduire une partie du rayonnement solaire reçu par la Terre afin de limiter temporairement l’augmentation des températures. Ces techniques restent aujourd’hui principalement au stade de la recherche mais font l’objet de débats importants, notamment sur les risques liés à leur développement, sur la légitimité de produire des connaissances à leur sujet et sur les effets que la recherche peut avoir sur leur reconnaissance comme option possible face au changement climatique.
Je souhaiterai avec une enquête qualitative étudier la manière dont les acteurs (chercheurs, financeurs, politiques)de ce champ évaluent et hiérarchisent les différents risques associés au SRM et la façon dont ces évaluations orientent les choix de recherche et de gouvernance.
Plus largement, je m’intéresse à l’« économie morale du risque », c’est-à-dire aux valeurs/ normes et aux conceptions de la responsabilité qui interviennent dans la définition de ce qu’il est jugé légitime de rechercher, développer, ne pas faire, encadrer, interdire, en particulier à l'ère de l'Anthropocène.
Propos recueillis le 10 septembre 2026
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