Jérémy Bernard

Professeur agrégé de sciences économiques et sociales à l'Université de Bordeaux et chercheur au Centre Émile Durkheim.

Je m’appelle Jérémy. Apparemment, j’aurais aussi pu m’appeler Anthony, Florian, Damien ou Alexis. Cela permet de déduire assez facilement mon âge… Sans doute un peu moins ma mention au bac. J’en profite donc pour remercier Baptiste Coulmont, grâce à qui je peux me sentir un peu exceptionnel parmi les Jérémy…

J’ai fait mes études à Bordeaux. D’abord en CPGE, au lycée Montaigne - sans doute un moment très important dans ma « découverte du social » et ma conversion à la sociologie -, puis à l’Institut d’études politiques. Il y avait alors encore l’opportunité d’y préparer l’agrégation de Sciences économiques et sociales. C’est ce que j’ai fait, et je suis donc devenu professeur en lycée, à Périgueux d’abord, puis à Puteaux, en région parisienne. En 2017, j’ai eu la chance de pouvoir revenir à Bordeaux en rejoignant la faculté de sociologie en tant que PRAG. Je me suis alors pleinement investi dans mes missions d’enseignement et, assez rapidement, de coordination pédagogique et administrative. Je suis devenu co-responsable du Master MEEF, qui prépare au CAPES de SES - mission que j’assure toujours aujourd’hui -, puis coordinateur, pendant trois ans, de la licence de sociologie. Des missions parfois très chronophages, souvent peu valorisées dans le monde universitaire, mais que j’ai trouvées très gratifiantes et stimulantes, notamment dans les relations et collaborations qu’elles permettent de construire et d’établir avec les étudiants et certains - le plus souvent, certaines - collègues enseignantes-chercheuses et BIATSS. Cette année - dix ans exactement après être « entré dans le métier » - je me suis décidé à entamer une thèse de doctorat. J’ai sollicité Lorenzo Barrault-Stella et Mathieu Hauchecorne (Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris, CRESPPA, UMR 7217), qui vont co-encadrer ce travail, et j’ai demandé à rejoindre le Centre Émile Durkheim - Science politique et sociologie comparatives (UMR 5116). Me voilà donc à nouveau étudiant, en plus de mes heures d'enseignement !

J’essaie d’articuler sociologie de l’action publique et sociologie des idées. Je travaille sur la circulation et l’appropriation - par« l’Etat au concret » et « en action » - de savoirs scientifiques et, plus largement, de modes de raisonnement s’y référant, s’en revendiquant ou s’en inspirant. C’est aujourd’hui un thème de réflexion et d’enquête assez classique en sociologie et en science politique. L’objectif n’est pas tant, sur le mode de la réflexion épistémologique par exemple, d’affirmer l’(in)utilité des savoirs scientifiques, mais plutôt d’enquêter empiriquement sur leurs (non-)utilisations effectives par divers acteurs sociaux. Spécifiquement, je déploie une enquête comparant les appropriations de ces savoirs et de ces modes de raisonnement sur deux thématiques - la réussite / l’échec scolaires et la délinquance - et par trois catégories d’acteurs, « dans l’Etat » et/ou « face à l’Etat » : les élites politico-administratives (ministres, hauts fonctionnaires et parlementaires), les « street-level bureaucrats » (juges et enseignants du secondaire), et les administrés (justiciables et (familles de) lycéens), usagers et destinataires de l’action publique. Réfléchir aux « usages » de certains savoirs et modes de raisonnement me semble aujourd’hui d’autant plus important que nous vivons sans doute un moment particulier de disqualification publique de certains discours (stigmatisés, par exemple, comme « culture de l’excuse »)

Au risque de contribuer à certains clichés sur les profs… je dois bien avouer que j’ai développé une goût certain pour les périodes de vacances qui se prolongent... Cela fait maintenant quelques années que nous partons à deux, une fois par an, pour un long voyage à vélo. Quatre, cinq voire six semaines quand cela est possible, en itinérance, avec quelques affaires dans les sacoches et pour seules montures des vélos plus ou moins fiables loués ou achetés sur place. Une bonne façon de rompre la routine, de se connecter à d’autres expériences du temps, de l’espace, etc. Une façon aussi de voyager écologiquement… tout en prenant bien sûr le plus souvent l’avion pour aller pédaler à l'autre bout du monde ! Si Philippe Coulangeon, Yoann Demoli, Maël Ginsburger et Ivaylo Petev recherchent des enquêtés pour documenter les contradictions des « éco-cosmopolites », qu’ils nous contactent dans deux ou trois semaines… lors de nos prochaines vacances !


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Publié le 24 novembre 2025
Dernière modification le 24 novembre 2025