Sarah Perrin

Doctorante en sociologie et coordinatrice du dispositif TREND Nouvelle-Aquitaine Doctorant·es Université de Bordeaux
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Site géographique Université de Bordeaux
3ter Place de la Victoire
33000 Bordeaux
0626247412

Bio

Je suis en quatrième année de doctorat en sociologie à l’Université de Bordeaux. Ma thèse porte sur l’influence du genre sur les trajectoires dans les mondes de la drogue, en s’intéressant spécifiquement aux parcours de femmes insérées socialement dans les usages et les ventes de drogues, les structures socio-sanitaires et les dispositifs répressifs liés aux substances psychoactives illicites, à Bordeaux et Montréal. La thèse est  co-dirigée par Emmanuel Langlois et Karine Bertrand et devrait être soutenue fin 2022.

Je suis également coordinatrice régionale technique et scientifique du dispositif Tendances récentes et nouvelles drogues (TREND) Nouvelle Aquitaine, piloté nationalement par l’Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies (OFDT) et localement par le Comité d’Études et d’Informations sur les Drogues (CEID) de Bordeaux.

Auparavant, j’ai réalisé une licence de sociologie à l’Université de Bordeaux et un master Sociologie Comparative et Sciences du Politique à Sciences Po Bordeaux.

 

Thèmes de recherche

  • drogues
  • genre
  • déviance
  • usage-revente
  • interactionnisme
  • sociologie relationnelle
  • méthode qualitative

Recherche en cours

Doctorat : « les mondes cachés de la drogue. L’invisibilité des femmes insÉrÉes socialement »

Thèse co-dirigée par Emmanuel Langlois (Université de Bordeaux, France) et Karine Bertrand (Université de Sherbrooke, Québec).

Financement par contrat doctoral de septembre 2018 à août 2022

Membres du comité de suivi : Marie Jauffret-Roustide, Marc Auriacombe, Kenza Afsahi, Eric Macé

Résumé de la thèse : les femmes usagères de substances sont sous-représentées dans les institutions sanitaires et répressives qui gravitent autour des drogues. La proportion de femmes consommatrices est pourtant en augmentation. Une autre population est également méconnue par les institutions : les usagers insérés socialement. Les femmes insérées socialement sont donc doublement éloignées des structures censées encadrer ou réprimer tous les usages de substances.

Le but de ma thèse est de sortir de la vision caricaturale du consommateur de drogues marginalisé et précaire, pour analyser les trajectoires d’usagères cachées insérées socialement à la fois dans les ventes et usages de substances, les structures de soin et de réduction des risques, les institutions judiciaire et policière et les politiques publiques, à Bordeaux et à Montréal. En s’intégrant dans le champ de la sociologie relationnelle et de l’interactionnisme symbolique, ma recherche questionne les liens entre pratiques individuelles et éléments structurels, pour mettre en avant les vulnérabilités particulières de cette population de femmes consommatrices, ainsi que leurs ressources.

Ont actuellement été réalisés 108 entretiens avec des usagers et usagères, vendeurs et vendeuses insérés socialement, des professionnels socio-sanitaires de la prise en charge des usages de drogues, des policiers et des personnes décisionnaires en matière de politiques publiques liées aux drogues, montréalais et bordelais.

Responsabilités scientifiques et institutionnelles

  • Représentante des doctorant.e.s en sociologie/anthropologie à l'École Doctorale Société, Politique, Santé Publique (EDSP2)
  • Coordinatrice scientifique et technique du dispositif TREND Nouvelle-Aquitaine
  • Membre du comité de pilotage du groupe de projet MAAA’Elles, sur la prise en charge des femmes en situation de grande précarité présentant des conduites addictives et fréquentant les accueils de jour des services de soin et de réduction des risques liés aux usages de drogues
  • Membre du comité scientifique du projet de recherche canadien Pratiques de consommation des usagers quotidiens de cannabis (PUQC) à l’Institut National de Santé Publique du Québec (INSPQ).
  • Membre du comité d’organisation du projet « Drogues, Genres et Villes » (financement DRUSEC et GONACI) avec Mélina Germes, Jenny Künkel, Emmanuel Langlois et Roxane Scavo (CNRS PASSAGES, Centre Emile Durkheim, Université Populaire de Bordeaux)

Enseignement

  • Cours de psychologie sociale à l'Institut Régionale du Travail Social (IRTS) - depuis janvier 2020 (120h)
  • Cours de sociologie de la famille à l'IUT Bordeaux Montaigne - parcours Diplôme d'État en Médiation Familiale (DEMF) - de novembre 2019 à juin 2021 (10,5h)
  • Mission Complémentaire d'Enseignement (MCE) à l'Université de Bordeaux, département de sociologie - de septembre à novembre 2020 (64h) - TD Faits et Analyses / TD Auteurs et Textes / TD Documents et Synthèses / TD Connaissances du Monde Professionnel
  • TD Question et Argumentation à l'Université de Bordeaux, département de sociologie - de février à mai 2020 (20h)
  • Cours sur les concepts et auteurs de base en sociologie à l'Institut de Soin infirmiers (IFSI) de Nouvelle-Aquitaine - juin 2019 (4h)

Principales publications

Sarah Perrin, « Consommatrices de drogues », dans Hervé Guillemain (dir.), DicoPolHiS, Le Mans Université, 2022 – http://dicopolhis.univ-lemans.fr/fr/dictionnaire/c/consommatrices-de-drogues.html

Les femmes usagères de drogues ont souvent été la cible des politiques publiques. Au XVIIe siècle en Grande-Bretagne, les autorités religieuses et laïques tentent de réprimer les consommations féminines de gin, estimant que l’alcool éloigne les femmes de leurs devoirs maternels. À la fin du XIXe siècle en France, la morphinée est considérée comme une décadente qui contrarie les normes de genre en s’administrant une substance qui porte atteinte à un corps destiné à la procréation. Les femmes usagères de drogues ont longtemps été considérées comme contre-nature. Il était inconcevable qu’une femme puisse aller à l’encontre des normes sociales : si elle le faisait, son comportement était jugé comme pathologique. Les femmes consommatrices de drogues ont donc longtemps constitué un impensé scientifique et social. Actuellement, les statistiques policières et sanitaires peuvent laisser penser que les milieux des usages de drogues sont masculins. Cependant, ces chiffres ne reflètent pas la féminisation des usages de drogues. L’écart entre les données auto-déclaratives et les statistiques sanitaires et répressives est dû au fait que ces dernières sont bien davantage le reflet des activités de la police et des groupes jugés problématiques par les pouvoirs publics que de la réalité sociale. Les consommations de substances féminines sont souvent analysées sous le prisme de la maternité ou du travail du sexe. Les motivations à la consommation des femmes sont davantage analysées sous l’angle psychopathologique. L’inexistence de cadrage théorique autour du genre dans ces recherches pousse à remettre en question plusieurs des résultats rapportés. Comme les buveuses de gin ou les morphinées, les femmes consommatrices de drogues sont aujourd’hui encore trop souvent considérées sous le prisme de stéréotypes de genre. Elles sont mamans ou putains, des corps reproducteurs ou sexuels avant d’être des individus. On sait pourtant que l’usage de drogues féminines peut être, pour certaines, un moyen de s’émanciper et de s’affirmer, comme l’ont fait les garçonnes après la Seconde Guerre Mondiale ou les femmes du mouvement hippie. Prendre en compte les spécificités de genre dans les usages de drogues est essentiel, mais l’enjeu est de le faire d’une manière qui ne soit pas stigmatisante, en se décentrant du regard naturalisant porté sur les femmes consommatrices.

Sarah Perrin, Aurélie Lazes-Charmetant, Jean-Michel Delile, « Phénomènes émergents liés aux drogues. Tendances récentes sur les usages de drogues à Bordeaux en 2020 », Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies, Tendances Récentes et Nouvelles Drogues, 2021 – https://www.ofdt.fr/ofdt/fr/trend/bord20.pdf

En 2020, du fait de la crise sanitaire, le recueil de données a été perturbé. À la place des groupes focaux et entretiens collectifs, ont été réalisés six entretiens collectifs avec des acteurs du champ sanitaire et seize entretiens individuels auprès d’acteurs de l’application de la loi et du champ sanitaire. Ont également été mobilisées trois notes de synthèse portant sur l’espace de la marginalité urbaine et l’espace festif réalisées par les chargées d’observation ethnographique ; deux notes TREND-COVID réalisées par Aurélie Lazes-Charmetant et Jean-Michel Delile ; un questionnaire espace festif complété par une association de réduction des risques intervenant en contextes festifs alternatifs dans toute la région Nouvelle-Aquitaine ; et 77 collectes SINTES de produits présentant un caractère rare ou nouveau. En 2020, malgré la crise sanitaire et les diverses mesures en découlant, les produits sont restés relativement disponibles en Nouvelle-Aquitaine. Des fluctuations de prix ont été constatées, et les saisies ont diminué, mais les usagers ont pu continuer à s’approvisionner. Les violences liées au trafic se sont poursuivies, et on a vu apparaître des arnaques aux cannabinoïdes de synthèse. Les usagers des espaces festifs se sont adaptés aux contraintes imposées par la crise et se sont repliés vers les soirées privées. De manière logique, les soirées en espace festif alternatif et les usages de drogues en leur sein ont diminué. Les usagers en situation de grande marginalité, sans domicile fixe, ont été particulièrement visibles pendant les confinements, de même que leurs consommations. Les consommations de médicaments ont augmenté. Les tensions autour des Mineurs Non Accompagnés ont perduré.

 

Perrin, Sarah, « Tendances Récentes et Nouvelles Drogues. Bordeaux. Synthèse des résultats 2020 », Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies, 2021 – https://www.ofdt.fr/ofdt/fr/trend/syntheseTREND2020_Bordeaux.pdf

Ce document de quatre pages résume les points principaux développés dans le rapport « Phénomènes émergents liés aux drogues. Tendances récentes sur les usages de drogues à Bordeaux en 2020 », présente le dispositif TREND de l’OFDT ainsi qu’un tableau des prix des principaux produits répertoriés sur le site de Bordeaux en 2019.

 

Perrin, Sarah. « The Genders of Urban Drug Policies : second Event in the “Drugs, Genders, Cities” cycle, translated by Zoe McNamee, Governing the Narcotic City, Newsletter Summer 2021 – https://narcotic.city/governing_wp/wp-content/uploads/2021/09/GONACI-Newsletter_summer-2021.pdf

January 21, 2021, marked the second event of the “Drugs, Genders, Cities” conference cycle. Given the public health situation, the event was held via videoconference. From 14:30 to 16:30 there was a conference chaired by Sarah Perrin of the Centre Emile Durkheim featuring contributions from three young researchers. From 19:00 to 20:00 Anne Coppel led a participative conference on those left behind by risk reduction, chaired by Alice Magot of the Université Populaire de Bordeaux. Several themes were raised : the gender of urban drug policies, with Elsa Koerner, Maïa Neff and Florent Schmidt ; and with Anne Coppel, the left-behinds of risk reduction. She explained how female drug users and prostitutes emerged confronted with AIDS, who were the pioneers of harm reduction and which were the obstacles to the development of services offered to women. Anne Coppel concluded with a promotion of research on drug use according to gender.

Perrin, Sarah, Lazes-Charmetant, Aurélie, Delile, Jean-Michel. « Phénomènes émergents liés aux drogues. Tendances récentes sur les usages de drogues à Bordeaux en 2019 », Tendances Récentes et Nouvelles Drogues, Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies, 2020. https://www.ofdt.fr/ofdt/fr/trend/bord19.pdf

Le dispositif Tendances récentes et nouvelles drogues (TREND) de l’OFDT s’appuie sur un réseau de huit coordinations implantées à Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Metz, Paris, Rennes et Toulouse. Celles-ci mettent en œuvre des outils d’enquête qualitatifs (observations ethnographiques, groupes focaux, entretiens individuels et collectifs…), afin de repérer, documenter et contextualiser les phénomènes émergents et les tendances récentes en matière de drogues illicites et de médicaments détournés. Elles recueillent leurs informations auprès d’acteurs (usagers, professionnels ou intervenants associatifs du secteur socio-sanitaire, forces de l’ordre, etc.) dont l’ancrage local contribue à une meilleure compréhension des spécificités territoriales. Deux espaces particulièrement concernés par les usages de produits psycho-actifs sont investigués : l’espace de la marginalité urbaine (rue, squats, zones de deal, structures de réduction des risques et d’addictologie) et l’espace festif techno regroupant la scène alternative (free parties) et commerciale (clubs, discothèques, bars). Chaque site participe également, par ses collectes de produits et par la transmission de signaux d’alerte, au système d’identification national des toxiques et des substances (SINTES) qui assure une veille sur des produits nouveaux ou inhabituellement dangereux et sur le contenu toxicologique des substances en circulation. La coordination du site de Bordeaux est confiée à l’association CEID Addictions. En 2019, les phénomènes marquants à Bordeaux sont notamment la hausse des demandes de traitement du public géorgien, l’augmentation de l’injection de méthadone gélule et de méthylphénidate, la diversification des consommateurs et augmentation des consommations de kétamine dans l’espace festif, les tensions autour des Mineurs Non Accompagnés, la très forte disponibilité de la cocaïne, l’utilisation des réseaux sociaux comme supports publicitaires pour les vendeurs, les interrogations des professionnels et usagers autours du CBD, et la « mode » du protoxyde d’azote.

Perrin, Sarah, Lazes-Charmetant, Aurélie, Delile, Jean-Michel. « Tendances Récentes et Nouvelles Drogues. Bordeaux. Synthèse des résultats 2019 », Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies, 2020 – https://www.ofdt.fr/ofdt/fr/trend/syntheseTREND2019_Bordeaux.pdf

Ce document de quatre pages résume les points principaux développés dans le rapport « Phénomènes émergents liés aux drogues. Tendances récentes sur les usages de drogues à Bordeaux en 2019 », présente le dispositif TREND de l’OFDT ainsi qu’un tableau des prix des principaux produits répertoriés sur le site de Bordeaux en 2019.

Perrin, Sarah, Bertrand, Karine, Langlois, Emmanuel. « Avoiding the stigma. A qualitative study of socially included women’s experiences of drug use and dealing, health services and the police in France », International Journal of Drug Policies, vol. 87, 2021, DOI : https://doi.org/10.1016/j.drugpo.2020.102850

The figure of drug user and dealer is stigmatized, linked to violence and illness. This is due to a reductionist discourse which implements othering processes generating scapegoat figures in the drug world. All drug users and sellers are assimilated with these spoiled identities in the media or in drug policies, while the reality is much more diverse. This article draws on relational sociology to focus on figures who are the antithesis of stereotypes: socially integrated women who use or sell drugs (WUSD) and are invisible to the health and control enforcement agencies. By seeking to avoid the stigma of the drug user’s and dealer’s identities, how do socially included WUSD distance themselves from the control enforcement agencies and health institutions? This qualitative research is based on 26 semi-structured interviews conducted with socially included WUSD in France. Participants were recruited using a snowball sampling strategy. It appears that the participants normalized their drug use and integrated it into their professional and personal lives. Some were drug user-dealers and had social supply practices, selling the drugs they used to their friends in order to finance their consumption. None of the participants have ever been in contact with harm reduction and addiction services, both because they do not identify with the users of these services, and because these services are not designed to support this population. With the police, the participants play gender games and show their social inclusion to protect themselves from arrest. In both cases, the stigmatized figure of the drug user and drug seller alienate the participants from the health systems and control enforcement agencies. One of the consequences of the othering process is the invisibility of those who do not want to be identified as “others” by the health and law enforcement services. Rethinking drug policy is essential to reach populations that may need information and support.

Perrin, Sarah. « Femmes et dealers. Une recherche de terrain au sein du deal de classes moyennes bordelais », Psychotropes, vol. vol. 24, no. 1, 2018, pp. 15-37. DOI : https://doi.org/10.3917/psyt.241.0015

Cet article propose d’étudier les situations de femmes socialement insérées dans le deal de stupéfiant bordelais. Être une femme dans le deal implique plusieurs avantages : cela permet de tirer parti de stéréotypes positifs et d’avantages sexués à la fois dans l’achat, la vente de stupéfiants et face à la police. Mais c’est aussi s’exposer à de nombreux risques. En tant que minorité sexuée au sein d’un milieu social perçu comme dangereux, les femmes doivent sans cesse prendre garde à ce que leur genre ne soit pas perçu comme un facteur de vulnérabilité physique et psychologique. Elles doivent faire face à une menace diffuse de violence et courent plus souvent le risque de se faire escroquer. Elles mettent donc en place des stratégies pour être reconnues comme des membres à part entière de cette activité illicite. Elles ressentent également un double décalage, du fait de leurs positions à cheval sur plusieurs univers sociaux : le monde des stupéfiants et les autres sphères légitimes de leurs vies sociales.