
Soutenance de thèse
Spécialité Science politique
Eva Portel
soutiendra publiquement ses travaux de thèse intitulés :
Le patrimoine culturel comme ressource stratégique.
Le cas de l’État islamique en Irak et en Syrie (2014-2019)
dirigés par :
- Gilles Bertrand, Maître de conférences, Sciences Po Bordeaux, CED, directeur de thèse
- Daniel Brunstetter, Professeur des Universités, Université de Californie, Irvine, co-directeur de thèse
Composition du jury :
- Chiara Ruffa, Professeure des Universités, Sciences Po, CERI, rapportrice
- Koen Vlassenroot, Professeur, Ghent University, rapporteur
- Mathilde Leloup, Maîtresse de conférences, Université Paris 8, examinateur
- Anthony Amicelle, Maître de conférences, Sciences Po Bordeaux, CED, examinateur
- Jean-Vincent Holeindre, Professeur des Universités, Paris 2 Panthéon-Assas, examinateur
Résumé :
Cette thèse est intitulée Le patrimoine culturel comme ressource stratégique. Le cas de l’État islamique en Irak et en Syrie (2014-2019). Elle étudie le rôle joué par le patrimoine culturel dans la conflictualité armée à partir du cas de l’État islamique en Irak et en Syrie. L’argument central est que les attaques peuvent être analysés comme une triple ressource – financière, militaire et propagandiste – qui est exploitée par l’EI pour renforcer sa position dans le conflit. En cela, la thèse vise à répondre à la question de recherche suivante : quels sont les avantages stratégiques offerts par les attaques contre les biens culturels dans un conflit armé ?
La recherche part de l’absence d’études théoriques sur la place du patrimoine cultuel dans la conflictualité armée, davantage pensé comme un instrument de paix et un dommage collatéral de la violence et s’attache à théoriser le patrimoine comme une ressource pour les belligérants, c’est-à-dire pendant la guerre. Après avoir détaillé les enjeux méthodologiques liés à un tel sujet, je mets en évidence trois dimensions illustrant le lien entre patrimoine en guerre :
- Le patrimoine culturel est une ressource d’ordre financière. La création d’un monopole sur le pillage et du trafic de biens culturels constitue un apport financier pour l’EI. Ce contrôle contribue à la mise en place d’une structure quasi-administrative fonctionnant comme une assise politique sur laquelle l’EI fonde sa légitimité. Les rivalités autour du contrôle sur le trafic alimentent la conflictualité au niveau local. Au niveau international, le trafic de biens culturels participe de la définition de la sécurité internationale et devient un outil de lutte contre le terrorisme.
- Le patrimoine culturel est une ressource d’ordre militaire. Je mets ici en évidence une typologie des usages du patrimoine pendant les affrontements armés : à des fins logistiques ou défensives ; pour initier ou mener la guerre contre l’ennemi (entrer en guerre, attaquer ou affronter l’ennemi) ; dans le cadre d’une riposte ; et comme instrument de coercition.
- Le patrimoine est une ressource d’ordre propagandiste. Les images de destruction diffusées à grande échelle par les canaux propagandistes de l’EI contribuent à la guerre sur le plan psychologique et mettent en jeu une diversité d’acteurs impliqués dans le conflit armé.
Lien Zoom sur demande à eva.portel@scpobx.fr