Produire des savoirs dans les bouleversements écologiques. Les engagements épistémiques de la biologie tropicale appliquée

Soutenance de thèse de Margot Buzaré, dirigée par Eric Macé

Soutenance de thèse
Spécialité Sociologie

Margot Buzaré

soutiendra publiquement ses travaux de thèse intitulés : 

Produire des savoirs dans les bouleversements écologiques.
Les engagements épistémiques de la biologie tropicale appliquée

dirigés par :

  • Éric Macé, professeur des universités à l'Université de Bordeaux, chercheur au Centre Émile Durkheim

Composition du jury :

  • Céline Granjou, Directrice de recherche, Inrae (rapportrice) 
  • David Dumoulin Kervran,Professeur des universités, Université Sorbonne Nouvelle (rapporteur)
  • Morgan Jouvenet, Directeur de recherche, CNRS (examinateur) 
  • Mina Kleiche-Dray, Directrice de recherche, IRD (examinatrice)
  • Olivier Cousin, Professeur des universités, Université de Bordeaux (examinateur)

Résumé : Cette thèse analyse la production des savoirs dans et sur les bouleversements écologiques, entendus à la fois comme problème social et comme manifestations matérielles. Elle prend pour objet le domaine de la génétique et de l’amélioration des plantes, en particulier des plantes tropicales, à partir d’une enquête menée notamment au sein du Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement). Ce domaine de recherche s’inscrit dans une histoire ambivalente vis-à-vis des transformations écologiques : il a contribué à leur production et à leur accélération tout en élaborant, dès le XVIIIe siècle et dans le cadre des empires coloniaux, des savoirs sur leurs causes et leurs effets. La thèse s’interroge ainsi sur les effets des bouleversements écologiques sur un domaine de recherche historiquement structuré par des logiques finalisées, territorialisées et industrielles, mais confronté à des critiques mettant en cause son rôle social, politique et environnemental. Elle examine les manières dont les professionnel·le·s de la recherche réorientent ou maintiennent leurs objets d’étude, leurs terrains et leurs réseaux de travail, ainsi que les justifications qu’ils et elles mobilisent — vers soi et les autres — pour donner sens à leur activité, dans un contexte où les contraintes écologiques redéfinissent les critères de la crédibilité scientifique. Inscrite dans une sociologie processuelle des sciences, cette recherche repose sur la monographie d’un laboratoire de génétique tropicale appliquée. Le matériau empirique combine des archives institutionnelles du Cirad et du laboratoire avec une ethnographie conduite entre 2022 et 2024 au sein de cette UMR, fondée sur des observations participantes et des entretiens réalisés avec 71 de ses membres. À partir d’une socio-histoire du Cirad et des instituts techniques agronomiques dont il est issu, l’enquête montre que la montée en puissance des cadrages du développement durable depuis la fin des années 1980 a constitué une ressource importante de crédibilité scientifique pour ce domaine. À l’échelle de l’UMR étudiée, la thèse met en évidence les stratégies développées par les biologistes depuis les années 2000 afin d’articuler des impératifs contradictoires : d’une part, une génétique globalisée orientée vers des objectifs productivistes ; d’autre part, une recherche territorialisée et controversée dans les Suds, attentive à une demande sociale impliquant l’intégration des changements écologiques. Enfin, l’analyse des pratiques et des trajectoires individuelles conduit à identifier quatre formes d’« engagements épistémiques » associés à des cadrages environnementaux différenciés, qui donnent lieu à la fois à des luttes pour la crédibilité scientifique et à des conflits de valeurs personnels.


Début : 22 septembre 2026 à 14:00
Fin : 22 septembre 2026 à 18:00
site Victoire, amphi Pitres et à distance

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