Lucas Ormière

Lucas Ormière

Doctorant en Science politique

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Lucas Ormiere, et je suis en 3° année de thèse en science politique sous la direction de Vincent Tiberj et de Guillermo Cordero García. Je travaille sur l’évolution du rapport au vote des nouvelles générations dans le cas espagnol. J’étudie comment les générations qui sont nées et ont grandi en démocratie développent un rapport différent au vote par rapport à leurs parents qui ont vécu la Transition (1975-1982) : ils le perçoivent moins comme un devoir civique, et votent donc moins souvent. J’ai la chance de réaliser ma thèse en co-tutelle entre l’IEP et l’Universidad Autónoma de Madrid, ce qui me fait bouger tous les ans entre Bordeaux, Madrid et le reste du Sud-Ouest ! Beaucoup me l’ont déjà demandé au labo, mais je n’ai pas la nationalité espagnole.

Quel est ton parcours ?

Justement, mon parcours ressemble grandement à ma vie d’aujourd’hui : de nombreux allers-retours entre Toulouse, Bordeaux et Madrid ! Après un bac ES, j’ai suivi une prépa IEP au Lycée Rive-Gauche à Toulouse. J’avais vraiment envie d’intégrer un IEP et de donner cours à ma passion pour les cultures hispaniques. J’ai avec chance intégré la Filière France-Espagne (FIFE) de Sciences Po Bordeaux qui alterne des séjours d’études d’un an entre l’IEP et l’Universidad Autónoma de Madrid. J’ai vécu à Madrid dans une période spéciale pour l’Espagne, à un moment où le pays était dans la période la plus dure de la crise, et où de nombreux mouvements sociaux et de nouveaux partis sont apparus avec la volonté de renouveler la démocratie espagnole, comme le Mouvement des Indignés ou les mareas. Pour un « hispanophile » et un « friki » de la politique (comme ils disent en Espagne) comme moi, vivre en direct ces évènements historiques était une expérience unique, et ça m’a poussé à les étudier de plus près !

Qu’est-ce qui t’a attiré dans la recherche ?

J’ai étonnement été attiré par la recherche sur le tard. Comme d’autres, avant le master, j’étais beaucoup attiré par le métier de journaliste. J’ai toujours été intéressé par l’actualité, la politique et les élections, je dévorais les journaux depuis le lycée. Au fur et à mesure de mes études, j’ai plus été intéressé par le fait d’étudier les causes profondes des phénomènes sociaux, que par « l’écume des choses ». Lors du master SPSC, les cours de méthodes quanti, et de quali, de sociologie politique, m’ont fait changer d’avis. L’esprit réflexif, critique et la curiosité nécessaire à la recherche, l’idée de « poser les bonnes questions plutôt que de trouver des réponses » m’ont plu.

A cette époque, je travaillais déjà sur l’évolution du système partisan espagnol depuis la crise de 2008, et ce sont Vincent et Guillermo, qui, tout en me formant, ont cru en moi pour poursuivre mes recherches en thèse. C’est comme cela que j’ai candidaté au concours de l’EDSP2. Le fait de pouvoir travailler de manière autonome, mais dans un collectif plus large, sur un sujet qui nous passionne, avec une certaine liberté, ce sont également des atouts que l’on ne voit dans aucune autre organisation !

Peux-tu parler de ton quotidien de doctorant ?

Il commence rarement à 8h pile ! Nous avons la chance de travailler de manière autonome, je finis donc de travailler souvent tard. Cela dépend des échéances et des projets en cours. Mon quotidien se mélange entre retranscriptions d’entretien dans les moments de faible concentration, régressions logistiques sur les enquêtes électorales avec mon compagnon de lutte Stata et préparation des cours. En ce moment, je commence à me consacrer à l’écriture d’un chapitre de thèse (amendonné, comme nous disons chez moi, il faut bien s’y mettre, une bonne thèse est une thèse finie !).

Quels sont tes projets pour l’avenir ?

C’est toujours difficile de se projeter quand on commence à être sur la fin de la thèse. Néanmoins, j’hésite entre plusieurs projets. La première, celle de poursuivre dans la recherche avec un post-doc. Et cette fois-ci, promis, ce sera dans un autre labo qu’à Bordeaux ou Madrid ! La deuxième, c’est de travailler dans un institut de sondages comme « chargé d’études d’opinion » pour mettre à profit toutes les compétences que j’ai acquises durant la thèse.

Et en dehors de la recherche ?

J’ai la chance de travailler sur des sujets qui me passionnent, c’est donc compliqué de faire la part des choses entre le boulot et ses passions. Néanmoins, je suis un peu « touche à tout », curieux de tout, mais si je devais vous conseiller un ouvrage, ce serait la série de romans Épisodes de la Guerre Civile de la regrettée Almudena Grandes qui retrace la vie de familles républicaines espagnoles dans une Espagne meurtrie par 3 ans de guerre civile. J’avais eu la chance de la rencontrer à la Feria del Libro de Madrid, une rencontre inoubliable ! Un coup de cœur également pour le film Josep  du dessinateur Aurel, retraçant l’horreur vécue par les réfugiés espagnols en France. C’est peut-être un cliché pour un toulousain, mais le rugby est aussi mon bol d’air de la semaine. J’y ai un temps joué, mais l’expérience a conclu que j’étais plus compétent comme spectateur que comme joueur !

"Le fait de pouvoir travailler de manière autonome, mais dans un collectif plus large, sur un sujet qui nous passionne, avec une certaine liberté, ce sont également des atouts que l’on ne voit dans aucune autre organisation !

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Publié le 8 février 2022
Dernière modification le 10 mars 2022