Hyppolyte Kouao

Hyppolyte Kouao

Doctorant en sociologie

Peux-tu te présenter en quelques mots?

Je suis Hyppolyte Kouao, doctorant en quatrième année de sociologie sous la direction d’Olivier Cousin et de Nathalie Burnay. Dans ma thèse, je m’intéresse à la dimension du rapport au travail chez les immigrés subsahariens aujourd’hui à la retraite en France et en Belgique.

Quel est ton parcours ?

J’ai eu un parcours erratique, puisqu’après le Bac, j’ai successivement été (ré)orienté en philosophie, en droit et en sociologie. C’est en sociologie que j’ai le plus accroché puisque j’y ai passé deux années au bout desquelles j’ai décroché un DEUG (Diplôme d’études universitaires générales). Après mon DEUG de sociologie à l’Université d’Abidjan, je me suis dirigé vers une licence de management et gestion des ressources humaines. J’ai d’ailleurs travaillé quelques mois dans une banque avant de reprendre des études en licence de sociologie toujours dans cette même université. Et là, j’ai enchaîné avec une première maîtrise en sociologie de l’économie et de l’emploi. Puis à l’université de Bordeaux, je me suis inscrit pour deux années de master en science politique et sociologie comparatives. À la suite de celui‑ci, j’ai entamé mon inscription en thèse.

Qu'est-ce qui t'a attiré vers la recherche ?

Au Lycée, (en terminale, je crois) en fouillant dans certaines affaires de mon père, je suis tombé sur un bouquin collectif, sous la direction de Jean Cazeneuve, qui s’intitulait Histoire des dieux, des sociétés et des hommes. Ce bouquin m’a influencé à tous les niveaux. Il a achevé de me convaincre de la pertinence de certaines problématiques sociales encore d’actualité. Mais, c’est surtout la manière avec laquelle, chacun, dans sa discipline respective, décrivait les faits sociaux retraçant l’Histoire qui m’a énormément séduite. Une influence particulière pour la sociologie se dégageait, sauf qu’il me restait donc à convaincre mes parents qui voulaient que je m’oriente vers un "diplôme alimentaire". J’avais discuté de ce choix à cette époque avec une personne âgée étrangère au cercle familial (malheureusement décédée l’année dernière et que je remercie) et qui m’a exactement dit les mots suivants : "Il n’y a pas de mauvais choix quand on réussit". Ces mots m’ont conforté dans mon choix et m’ont motivé à faire ce que j’aime.

Peux-tu nous parler de ton quotidien de doctorant ?

Pour ma part, je ne sais pas si c’est possible de tracer une frontière assez claire entre vie du doctorant et vie privée mais je jongle entre l’écriture de ma thèse et les cours que je dispense à Sciences Po Bordeaux. Il y a également des activités comme les séminaires du labo et des formations organisées par diverses entités. En cette période, cette frontière s’est encore plus amincie. Mais quand, j’ai du temps hors de celui qu’occupe mes activités habituelles, je fais du sport parce que paraît‑il : "la sociologie est un sport de combat". Je m’occupe aussi à cuisiner des petits plats afin d’égayer mon estomac devenu trop aigri vis‑à‑vis des concepts et théories sociologiques. J’aime également consacrer du temps au Gaming.

<< Il n’y a pas de mauvais choix quand on réussit". Ces mots m’ont conforté dans mon choix et m’ont motivé à faire ce que j’aime.

Et en dehors de la recherche ?

En ce moment, je réinvestis à côté la littérature africaine avec des classiques qui me permettent aussi de confronter l’imaginaire culturel des populations subsahariennes. J’essaie donc d’aller vers des auteurs comme Amadou Hampâté Bâ (Petit Bodiel, conte peul), 1976 et Amkoullel, l’enfant peul, 1991), Cheikh Hamidou Kane (L'aventure ambiguë, 1961), Alain Mabanckou (Verre cassé, 2005 et Mémoires de porc-épic, 2006). Mais, si j’ai un livre à conseiller ce serait Debout-payé de Gauz, un auteur que j’ai découvert durant ma thèse et dont la plume aux illustrations satiriques nous invite dans l’univers de l’emploi de vigiles, majoritairement exercé par des étrangers.

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Publié le 27 janvier 2022
Dernière modification le 10 mars 2022