Mody Diaw est recruté en tant que chercheur postdoctoral sur le projet Globalsmog (Lutter contre la pollution atmosphérique dans les villes du sud global. Défis, leçons et perspectives pour la gouvernance urbaine), porté par Renaud Hourcade.

Mody Diaw
chercheur postdoctoral
Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m'appelle Mody Diaw, docteur en sociologie du travail et de l’environnement. Post-doctorant au CED-Sciences Po Bordeaux depuis le 1er janvier 2025 et chercheur associé à l’unité ETTIS (Environnement, Territoires en Transition, Infrastructures, Sociétés) de l’INRAE, mes travaux de recherche portent sur les inégalités d’exposition aux risques environnementaux et sanitaires des ouvriers dans les industries extractives et transformatives en Guinée, au Sénégal et en France. J’étudie également les mobilisations des communautés locales face aux impacts de ces activités sur leurs cadres de vie et leurs moyens de subsistance et les politiques publiques environnementales notamment dans le secteur industriel.
D’où viens-tu ?
D’origine sénégalaise, je vie en France depuis 2015.
Quel est ton parcours ?
J’ai commencé mes études supérieures au Sénégal, où j’ai obtenu en 2014 un diplôme d’ingénieur en développement économique local (bac+5) à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. En France, j’ai poursuivi avec un master 2 en sociologie à l’Université de Strasbourg, obtenu en 2017. Dans le cadre de mon mémoire de recherche, j’ai étudié les conflits d’usage dans le parc national de La Réunion, lors d’un stage effectué à l’INRAE (alors Irstea), sous la direction de Clarisse Cazals.
En 2018, j’ai obtenu un second master 2, en sociologie et technologies de communication, à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour. Mon mémoire, réalisé sous la direction de Valérie Deldrève à l’INRAE, portait sur les mobilisations et les enjeux de justice environnementale liés à l’exploitation des mines de phosphate au Sénégal.
En octobre 2019, j’ai entamé une thèse, toujours sous la direction de Valérie Deldrève, intitulée De Boké à Gardanne : l’expérience des travailleurs de la bauxite au prisme de la justice environnementale, que j’ai soutenue le 18 novembre 2024. Les résultats de cette thèse ont déjà donné lieu à plusieurs valorisations, notamment un chapitre d’ouvrage et des articles acceptés.
Durant ma thèse, j’ai assuré plus de 300 heures d’enseignement à la faculté de sociologie de l’Université de Bordeaux, d’abord en tant que vacataire de 2021 à 2023, puis en tant qu’Attaché temporaire d’enseignement et de recherche (ATER) en 2023-2024.
Depuis 2020, je co-coordonne le Réseau de justice environnementale francophone (EJJE) et je suis également membre du Réseau Jeunes Chercheurs en Travail et Santé (RJCTS), où j’ai fait partie de l’équipe de coordination de 2020 à 2022.
Tu viens d’arriver en tant que chercheur postdoctoral sur le projet de recherche Globalsmog porté par Renaud Hourcade, peux-tu nous en dire plus sur tes missions ?
Dans le cadre du projet Globalsmong, mon travail consiste à analyser les politiques de régulation des pollutions liées aux émissions de fumées et de poussières des industries cimentières au Sénégal. J’adopte une méthodologie qualitative, combinant entretiens, étude d’archives et observations, afin de :
*Cartographier les acteurs de la régulation industrielle et minière au Sénégal, aux niveaux central et régional ;
*Analyser leurs cadres d’action (légaux, administratifs) ainsi que leurs moyens d’action concrets ;
* Identifier et étudier les stratégies des industriels pour répondre (ou éventuellement ne pas répondre) aux exigences légales de protection de l’environnement et de la santé des riverains et des travailleurs.
*En plus de ce travail d’enquête, d’analyse et de valorisation des données, je contribue à l’organisation d’événements scientifiques partenariaux, en France et au Sénégal.
Et en dehors de la recherche ?
En dehors de la recherche, je suis membre de l’association Solidarité-Continuité Alimentaire Bordeaux, composée d’étudiant·e·s, doctorant·e·s, post-doctorant·e·s et maîtres·ses de conférences, créée lors du premier confinement. Par ailleurs, j’organise ponctuellement des séances de travail avec des étudiants rencontrant des difficultés, notamment dans l’élaboration de leur problématique de recherche ou dans l’analyse de leurs données qualitatives.
Propos recueillis le 17 janvier 2025
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