
Baptiste GODRIE, professeur, École de travail social, Université de Sherbrooke
Résumé :
Cette conférence introduira le concept d’extractivisme scientifique en interrogeant des pratiques de recherche, participatives notamment, permettant d’en limiter les effets sur les groupes sociaux le plus marginalisés. De manière préliminaire, l’extractivisme scientifique peut-être défini comme un processus de recherche produisant des terrains minés en même temps que des carrières universitaires. Dans une première partie, il s’agira – à partir des travaux sur ce concept forgé dans les Suds et de ma propre expérience de recherche – d’en établir les fondements (subalternisation et assimilation des connaissances, science en circuit fermé) afin d’en proposer une définition. Dans un second temps, il s’agira de présenter des traditions participatives de recherche, inscrites notamment dans les courants décoloniaux et féministes dès les années 1970, qui ont particulièrement dénoncé cet extractivisme et développé des pratiques de recherche ancrées dans la co-production et la réciprocité avec les autres acteur·ices de la recherche.